Vivre
moins nombreux pour que tout le monde
puisse tout simplement vivre
Par Michel TARRIER
(Suivi de "Réponse
à quelques
critiques de Michel Tarrier" et "Des hommes qui vivent des ressources
naturelles de leur pays..." par Michel Aymerich)
Vivre moins nombreux
pour que tout le monde puisse tout
simplement vivre. Tout pacte écologique devrait sous-tendre
l’idée d’un pacte
antinataliste.
Homo sapiens est la pire
espèce invasive. Tant que la flore
et la faune poursuivront leur rythme effréné d’extinction
conférée, toute
création supplémentaire d'un d'entre nous reste
injustifiable. Il faut quelque
chose de plus qu’un couple pour faire un enfant, il faut au moins une
Planète
viable. Pour un ami de la
Terre,
toute abstinence à la procréation humaine, toute
pénurie des naissances sont
reçues comme de bonnes nouvelles. Sans peur ni reproche du
métissage, le
renouvellement des générations des pays
développés devra se faire par les
immigrants. Mais si vous estimez que nous n’avons aucune
responsabilité ni
vis-à-vis des 11 millions d’enfants qui meurent chaque
année avant d’atteindre
leur cinquième anniversaire, ni à l’endroit des
espèces végétales et animales
qui disparaissent à la vitesse grand V, que notre reproduction
n’est pas
excessive ou en tout cas acquittée de telles accusations, alors
oui, faites
encore et encore des enfants. Mais faites vite !
Certaines
vérités ne dérangent plus parce qu’avec le temps
elles sont devenues des tabous de Polichinelle. Parmi celles qui
dérangent
encore et vraiment, qui mettent mal à l’aise et gênent aux
entournures, figure
l’ineffable choix antinataliste. Contrairement à toute logique,
la décroissance
démographique reste un problème épineux, un
énorme tabou qui n’ose pas dire son
nom, un scandale qui provoque tous les courroux ! C’est à peine
si on peut
l’ouvrir à propos de la décroissance économique !
Suggérer de modérer la
démographie d’un Monde en proie à la surpopulation semble
relever de l’outrage,
de l’infamie, tant le thème appartient à la langue de
bois. C’est du domaine de
l’indicible, personne ne veut entendre que nous ne devons plus faire
autant de
petits. Notre Monde est passé de 250 millions à quasiment
6,7 milliards
d’habitants depuis l’an 1 de l’ère chrétienne, notre
sacro-sainte référence. En
augmentant de 4 milliards, la population planétaire a
triplé depuis 1950. Stop,
ou encore ? On nous donne la preuve par neuf que la Planète ne
pourra pas
nourrir 9 milliards de Terriens en 2050 ou 17 milliards en 2100, mais
en
cyniques populationnistes nous voulons continuer à nous
multiplier pour
atteindre ces 9 ou 17 milliards de Terriens en 2050 et en 2100 ! Et
l’on
s’inquiète même des nations qui, en Europe, ne montrent
plus la même ardeur à
procréer !
Une
démographie exponentielle adjointe d’un développement
économique infini dans un Monde fini, aux ressources non
renouvelables pour
l’essentiel, en tout cas ne se régénérant pas au
rythme de notre folle
croissance, telle est l’effarante formule à laquelle nous sommes
ancrés. Nous
feignons d’ignorer la finitude d’un Monde dans laquelle notre multitude
puise
allègrement et sans relâche. Nous n’avons nul besoin d’une
descendance qui ne
recevra en héritage que des lambeaux et des restes. Il y aura
toujours
suffisamment de candidats pour perpétrer un minimum
d’humanité. Je lance un
appel au bon sens, au nom des goujats que nous sommes et qui avons tout
zigouillé.
Seront-elles donc un
jour bonnes à proclamer ces quatre
vérités sur le lapinisme humain ? Probablement, mais trop
tard. Pour
l’immédiat, nous en sommes au secourisme et voir mourir l’humain
est
insupportable, inhumain. C’est peut-être pourquoi il faudrait
dissuader
l’humain de trop faire d’autres humains. Ce qui ne nous est nullement
insupportable, par contre, c’est voir souffrir et mourir les autres
espèces, et
notamment nos « mammifères », sacrifiés pour
servir et nourrir la cause
humaine. Il n’y a pour ainsi dire pas de fraternité
interspécifique positive
(commensalisme, mutualisme, symbiose…), mais strictement
négatives (prédation,
parasitisme, pathogénie, antibiose…). C’est aussi dans cet
égoïsme écologique,
dans cette couverture outrancièrement tirée à
nous, que réside l’une des
raisons majeures du grand déclin annoncé. Malheur
à ceux qui ne savent pas
partager ! Parce qu’on le sait maintenant, il sera inutile de patienter
4
milliards d’années pour que le soleil dysfonctionne. D'ici
là, l'homme n’aura
pas été remplacé par un surhomme mais par une
mouche. Ou bien la vie en tant
que telle aura fatalement disparu du fait de nos géniales
erreurs.
Sauver la Planète
se résume à une seule et double option : choisir entre
l’homme et Gaïa, en
cherchant à désamorcer la bombe démographique.
Comme nous n’avons pas d’autre
alternative à la
Planète
bleue, que nous ne pouvons donc ni déménager, ni la
recharger, le choix est
vite fait. La bombe démographique est pour la biosphère
la pire arme de
dissuasion massive. Elle stigmatise le chaos manifeste.
Nous souffrons d’un
manque incurable de discernement
écologique et nous voulons satisfaire des exigences
anthropocentristes
immodérées. Ces erreurs sont pour l’essentiel
l’héritage des religions
créationnistes ayant placé, selon le dogme, la Nature à la
discrétion
illimitée de l’homme. Les considérations
démographiques ont donc toujours été
perçues dans un concept d’intérêts purement
économiques et nombrilistes,
strictement repliés sur la famille ou le pays, de
préférence dans une
compétitivité cocardière entre nations. Même
le contrôle des naissances n’avait
été pensé que dans l’intérêt du genre
humain et non de celui légitime de la Planète et
des espèces
compagnes. Comme si nous étions déconnectés de la Terre, comme si
nous vivions
sur une île ou un archipel, ou mieux dit dans une arène,
sur un ring ou sur un
nuage. C’est un truisme que d’énoncer que la Terre n’est pas
extensible. Le surpeuplement
humain est un vrai calvaire pour la planète. L’avenir ne nous
commande plus
l’expansion, mais la récession sous forme de décroissance
natale (et économique
!).
Quelques
générations vouées à seulement un enfant
par femme,
voire assurer un soutien financier aux couples qui n’enfanteraient pas,
serait
le programme d’une politique courageuse et écoconsciente. On
préfère l’option
populiste des allocations familiales, gratification sociale crée
en France
après l’hécatombe de 1918, augmenter la mort a toujours
historiquement augmenté
la natalité… Au troisième millénaire de notre
transit terrestre, de telles
prestations doivent être aperçues comme obsolètes,
caduques, surannées,
relevant presque du rétro ou du kitch, mais qui viennent
d’être tout récemment
et étrangement instauré en Espagne, comme si l’Espagne
n’était pas solidaire
d’une Europe lucide et d’une Planète malade de l’espèce
humaine.
Posséder une
famille nombreuse est un délit environnemental,
une grave atteinte à la Planète et à l’avenir
commun. On peut régler le sort de
l’homme, non seulement en lui apprenant techniquement à
contrôler ses
naissances, mais surtout en le persuadant de le faire par
éthique écologique et
planétaire. Question de conscience. Dénoncer l’hyper
capitalisme intégré comme
généalogie du saccage et de l'administration de la
rareté ne suffit pas, les
institutions doivent planifier à l’échelle mondiale la
soutenabilité des
activités humaines par une sage équation du binôme
population et environnement.
La
société occidentale consomme à l’excès des
ressources
naturelles dont elle n’est pas détentrice et qu’elle extorque
aux nations
qu’elle domine tyranniquement. Nous sommes ainsi débiteurs par
rapport aux
contrées dont les citoyens exploitent beaucoup moins, comme
c’est le cas d’un
Indien, d’un Vietnamien, d’un Péruvien ou d’un Soudanais. Pour
continuer à
vivre sur les modes adoptés, un Français nécessite
3 planètes, un Américain
quasiment 6, ce qui projette un besoin moyen de 2 planètes pour
un Terrien.
Belle leçon de solidarité planétaire quand on
constate qu’Américain s’octroie
un droit de ponction 100 fois supérieur à un Afghan.
Difficile ensuite pour un
Occidental de s’arroger le droit de donner des leçons de morale
dans des pays
écologiquement éreintés par notre faute, ou de
tenter imposer un apartheid
climatique comme ce fut le cas lors de la conférence de Bali. Un
nouveau-né
monégasque usurpera sa vie entière sa part amazonienne ou
groenlandaise sans
jamais poser un pied ni en Amazonie, ni au Groenland, on l’a compris.
Mais
naître en Amazonie ou en Australie présente le
méfait potentiel de menacer
directement une biodiversité encore vive et remarquable. C’est
pourquoi les
populations des contrées naturelles présentent le risque
rapproché d’une
pression plus dommageable encore. On fera d’autant moins un enfant que
l’on
habite une région sensible, un des derniers bastions du capital
vert de
l’humanité. Le surpeuplement de l’homme est un antagonisme
à la biodiversité.
Contrairement à une vue trop hâtive de la situation
planétaire, un enfant de
plus à Londres, Mexico ou Hong Kong sera un moindre
préjudice qu’un début de
surpeuplement et d’inquisition humaine d’une Tasmanie ou d’une
Papouasie.
Restons absents ou absentons-nous de la Patagonie, du
bassin du Congo, de la forêt
boréale et de bien d’autres paradis encore sauvages et de riche
naturalité,
heureusement souvent peu hospitaliers pour l’homme. Ménageons
les beaux restes
du grand catalogue du Vivant, épargnons les ultimes
réservoirs de gènes, les
chambres fortes de biomasse et de stocks de carbone, mettons les
prédateurs
envahissants que nous sommes hors d’état de nuire et d’occire
les derniers
poumons de cette Terre. L’option du tourisme, même respectueux
s’il existe, est
un filon tout à fait négatif. Les régions encore
partiellement épargnées n’ont
besoin que d’une chose, de continuer à l’être. Toute
présence d’un humain
vivant sur le mode occidental incontournable et incontourné de
l’American way
of life est une calamité pour les équilibres naturels et
une menace pour les
ressources. Restons chez nous, confions les derniers berceaux de
naturalité au
savoir faire millénaire des peuples natifs et n’encombrons de
nos progénitures
et de nos futurs intrépides adultes que nos propres
maternités, asiles et
services d’urgence !
La population
humaine continue de croître mais à un rythme
plus tempéré. Cette modération est le fait des
pays riches industrialisés où le
renouvellement générationnel n'est plus assuré,
exception faite des États-Unis
où les populations immigrées se chargent d’entretenir une
incidence
démographique en hausse.
L'ONU prévoit
une telle baisse démographique appréciable en
Allemagne, en Italie, au Japon, en Russie et dans la plupart des
états issus de
l'éclatement de l'ancienne Union soviétique.
Mortalité basse et fécondité
extrêmement basse, dans ces conditions, la population de ce
groupe de pays,
d'actuellement 1,2 milliard de personnes, ne devrait pas augmenter
d'ici à
2050. Une démotivation aux valeurs de la
fécondité, une famille éclatée de plus
en plus réduite au couple quand ce n’est pas à un seul
parent, une infertilité
masculine croissante et une planification des naissances
majoritairement
adoptée sont quelques uns des facteurs limitants. Une autre
cause de cette
stabilisation mondiale est la propagation du sida, pandémie qui
réduit le taux
de longévité dans des proportions considérables,
comme en Afrique australe où
l'espérance de vie a chuté de 62 ans dans les
années 1995 à seulement 48 ans
pour la période 2000-2005. Ironie du sort ou instinct de survie
contreproductif, la densité humaine sera beaucoup plus
élevée dans les pays
pauvres qui éprouvent déjà les pires
difficultés à assurer la sécurité
alimentaire de leurs ressortissants. Dans ces contrées, le
contrôle de la
natalité est pratiquement inexistant et les familles de cinq
à six enfants sont
la norme. Au Burkina Faso, au Congo Brazzaville, au Burundi et en
République
démocratique du Congo, en Guinée-Bissau, au Timor
Oriental, au Liberia, en
Ouganda, au Mali, au Niger et au Tchad, tout comme en Afghanistan, les
populations vont tripler avant le terme de ce demi siècle. La
courbe générale
est donc à un ralentissement de la croissance
démographique et à une lente
stabilisation de la population globale, en comparaison aux vives
progressions
des cinquante dernières années. En dépit de cette
accalmie, 2050 verra tout de
même un effectif minimum de 9 milliards de Terriens, notamment
fourni par la Chine
et l’Inde. À la même
période, cette dernière nation surpassera la Chine et sera en
tête de liste des pays les plus
peuplés. La moitié des humains habiteront alors l’Inde et
la Chine.
Les
écologistes, désespérés par
l’épuisement des ressources
et le déclin des écosystèmes, font remarquer qu’il
nous faudra deux planètes
pour survivre. Dans un autre domaine, ces deux planètes existent
déjà, tout le
monde sait bien qu’il y a une planète des riches et une autre
des pauvres. La
première, usurpée, n’est pas pour nous déplaire…
Un milliard de riches occupe
l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie, le Japon et un club
très privé de
privilégiés qui règnent tyranniquement sur les
pays du Tiers-monde. Ce milliard
de riches cache aussi sa misère (qu’on ne saurait voir) :
Quart-monde dormant
sur les trottoirs des quartiers boursiers, Enfants de Don Quichotte
s’adonnant
aux joies du camping urbain, gastronomes des restos du cœur, etc. Le
solde de
la communauté terrienne, soit un peu plus de 5 milliards et demi
de gens dont
le pauvre destin est joué d’avance, croupit dans le reste (et
les restes) du
Monde. Le premier Monde s’approprie (en tout bien tout honneur !) les
7/10 de
l'énergie, les 4/5 du bois et autant des produits de la
pêche, les 3/4 des
métaux, les 5/6 des crédits d'éducation, les 9/10
des budgets de recherche et
de développement, possède les 3/4 des automobiles, neuf
avions sur 10, etc.
Voilà des chiffres bien peu consensuels et équitables qui
prouvent l’excessive
mainmise du milliard de privilégiés dont la
liberté de puiser et d’épuiser ne
s’arrête pas où commence celle des autres 5 milliards
soumis au diktat. Nous
garantissons ainsi aux plus pauvres de continuer à stagner,
voire à s’enfoncer,
dans leur état de pauvreté. En terme d’empreinte
écologique insoutenable, un
Nord-américain ou un Français valent combien d’Africains
? L'état américain le
moins densément peuplé qu’est le Wyoming (510 000
habitants) émet plus de CO2
que 69 pays en développement réunis et totalisant 357
millions de personnes.
Les hectares
excessifs que s’octroie chaque habitant
chanceux du monde occidental et qu’illustre le calcul éloquent
de l’empreinte
écologique sont usurpés sans la moindre contrepartie au
reste du Monde, à celui
auquel nous attribuons des dettes extérieures. Un
États-unien ou un Européen ne
paie pas le service que leur rendent les forêts
brésiliennes ou africaines en
recyclant leurs émissions de CO2. C’est ainsi qu’il convient de
s’interroger
sur un certain nombre d’activités autorisées par le
progrès, vocable abusif car
à double sens. Progrès pour les uns, déficit pour
les autres. Savez-vous, par
exemple, que l’on importe quotidiennement, par avions gros porteurs,
des
chargements de perches du Nil en provenance d’Ouganda et de fleurs
coupées
cultivées en Chine et en Afrique orientale vers
l'aéroport de Vatry, dans la Marne (120 000 tonnes de
fret par an) ? De tels comportements ne font jamais la une dans les
fourberies
des Grenelle de l’écologie, portes de secours du capitalisme
masqué. Inutile de
rappeler les dégâts collatéraux d’activités
comme celle de l’exploitation du
poisson cité ou de l’horticulture aux impacts environnementaux
et humains
néfastes. La contradiction est flagrante et gênante entre
le désir de lutter
contre l’effet de serre et les nécessités du
développement économique dans le
concept unilatéral où nos sociétés
l’entendent.
La reproduction est
un phénomène naturel à toutes les
espèces, et notamment chez celles opportunistes qui s’imposent
majoritairement,
s’accaparant le moindre atout pour dominer l’habitat. Cela existe chez
les
rats, les cafards, les mouches ou les papillons. L’homme, dont
l’instinct est
fondu à la conscience, primate calculateur par excellence, a
conceptualisé
cette tendance naturelle afin d’en tirer une stratégie d’avenir
tribal,
familial, nombriliste et longévive : celle d’assurer sa
descendance, et par là
même la sécurité de ses vieux jours. Avant les
progrès du XXe siècle en matière
d’hygiène et de prophylaxie des maladies infectieuses, la
mortalité infantile
justifiait une surfécondation, par ailleurs toujours soutenue
par les pouvoirs
séculiers inspirés des religions dogmatiques. Les Livres
assurent que le destin
des progénitures sera placé sous les auspices de Dieu.
Niaiserie. Jusqu’à
preuve du contraire, les progénitures existent mais les preuves
d’un dieu
protecteur font défaut. Pandémies, famines ou massacres
belliqueux étaient là
pour écrémer le surplus, en appeler chaque fois à
de nouvelles velléités
procréatrices et à faire des petits à la louche.
Imaginons un autre
monde…Le même mais à renversé, où nous ne
serions plus dominants mais dominés par une autre espèce
de grande taille, où
nous devrions fuir, nous cacher, ne plus respirer quand l’autre se
manifeste,
où l’éviction au mieux, l’extinction au pire seraient nos
seules issues. Un
enfer. Le bonobo, l’orang-outang ou le gorille, l’un d’eux comme
espèce invasive
et de fourvoiement au sein d’une société humaine d’un
effectif modeste, ça vous
irait ? Il s’agirait finalement du même monde, toujours avec Homo
sapiens
surdoué, mais sans pétrole, non plus dopé par les
énergies fossiles, la
pétrochimie qui fit la révolution verte et la
multiplication des pains (ce type
d’âge d’or, ou plutôt de toc, les bricoleurs du
monothéisme l’avaient prévu…),
mais cette fois à hauteur de seulement un ou deux petits
milliards. Avec
quasiment les mêmes inventions, les mêmes avancées
inventives, le même progrès,
à quelques techniques près. Mais sur une Planète
envahie, pour telle ou telle
raison, par le fléau d’une autre grande espèce, disons
les bonobos par
sympathie et proximité spécifique. Imaginons nos plages
et nos cités encombrées
de bonobos, imaginons les bonobos envahissant la cité,
s’infiltrant, se
fourvoyant pacifiquement partout. 7 milliards de bonobos intrus … Ce
n’est pas la
Planète des singes, c’est
notre Planète subissant l’inquisition insupportable du surnombre
d’une autre
espèce. Imaginons 7 milliards de rhinocéros, des
rhinocéros envahissant nos
hypermarchés, nos pitoyables animaleries. Notre impact sur les
fragiles
écosystèmes planétaires est celui
d’éléphants dans un magasin de porcelaine.
Voilà ce que nous imposons à la biosphère, sans
nous en rendre compte un seul
instant, convaincu que cela est dans la raison écologique. Eh
bien non, ce
n’est qu’une erreur, c’est même l’erreur par excellence.
« Plutôt
crever que partager ! » La survie de l’humanité
dépend du possible, et non de l’impossible. L’impossible, c’est
une meilleure
gestion et répartition des ressources. On a tout essayé
depuis des lustres et
même la morale égalitaire professée par les grands
Livres n’a pas donné les
résultats escomptés. Notre espèce
génétiquement égoïste ne voit pas très
loin.
Et selon les exégètes, c’est tout au contraire la
qualité de vie pour un petit
nombre de privilégiés qui va faire l’objet de toutes les
prochaines
convoitises, tandis que la croissance démographique et tout le
drame économique
qu’elle va enclencher se concentrera sur une fraction restreinte de la
population mondiale : les pauvres. Il y aura une césure nette et
croissante
entre un Monde développé sans enfants et un mode
sous-développé absolument
démuni pour nourrir et même rafraîchir toutes ses
bouches. Le possible pour
cultiver les futurs, c’est d’encourager une mondialisation de la
dénatalité.
Certains individus devront abandonner une partie de leurs
libertés, dont celle
de procréer à tout va, au bénéfice de la
société universelle. L’éternité de la
drôle d’espèce humaine passe par sa décroissance
démographique. On passe ou on
casse…
En savoir plus
Note
Cette actu n’est pas
vraiment une actu parce que nous
n’entendons pas inscrire notre démographie à l’ordre du
jour des menaces
écologiques, accepter notre surpopulation comme la cause majeure
des malheurs
planétaires. Ainsi, notre fourberie est immense.
Michel TARRIER
(article publié dans
la rubrique "Actualités" sur http://www.notre-planete.info)
Réponse à quelques
critiques de Michel Tarrier
Quel avocat de la
natalité sans frein, quel cynique encore va oser argumenter
en faveur de la poursuite du double crime, raciste envers la partie
saine de
l’humanité « Ceux-qui-laissent » et spéciste
envers les autres
espèces ?
J’adhère
à une grande partie de l’analyse de l’auteur, même
s’il demeure évident que dans le cadre d’un article
l’argumentation ne peut que
rester partielle et incomplète. Mais elle a le mérite de
poser le problème. Je
ne vais pas revenir ici sur les autres facteurs que la natalité
qui expliquent
de manière non pas opposée, mais complémentaire,
le réchauffement climatique, la
raréfaction des « ressources », l’extinction massive
des espèces, les guerres,
la malnutrition, etc.
J’ajouterai donc
« seulement » quelques idées afin de
compléter le tableau, voire sur un point le contredire et le
dépasser dans le
sens d’un plaidoyer pour une dénatalité mondiale.
J’observe, en effet,
qu’une
erreur est commise tant par l’auteur que me semble t’il par l’ensemble
des intervenants. Vous partez tous d’un postulat mutilant
gravement tout diagnostic et compliquant sérieusement la
recherche de
solutions: « l’humanité », selon vous,
ce sont les grandes nations agricoles et industrielles, celles
disposant d’un
Etat (police, armée, impôts, administration des citoyens
ou sujets…) et qui
sont aussi représentées à l’ONU. Celles issues
d’une histoire particulière qui
participe de ce qu’on appelle si gentiment « l’aventure humaine
».
C’est
oublier, surtout lorsqu’on se réfère à la notion
d’espèce, qu’il existe d’autres
femmes et hommes, d’autres peuples, lesquels ne sont pas les exclus de
la
prétendue aventure humaine, mais les sujets d’une histoire
différente, non pas
multimillénaire, mais plongeant ses racines dans des millions
d’années
d’évolution et de co-évolution au sein de la
communauté des vivants,
c'est-à-dire au sein de la communauté des terriens
(l’ensemble des
espèces).
Je fais allusion aux
centaines
de peuples de « chasseurs-cueilleurs » ou
cueilleurs-chasseurs et pêcheurs aussi.
Depuis 20.000 ans, et ce jusqu’à aujourd’hui, un grand nombre de
ces peuples
majoritaires par leur nombre ont été exterminés et
continuent de l’être
aujourd’hui, bien que de manière plus « civilisée
», comme par ex. par le moyen
du « génocide culturel » (Césaire). Or ces
peuples parlant leurs langues, ayant
leurs coutumes, n’ont jamais été très nombreux en
nombre d’individus. Les
représentants de ces peuples n’ont jamais globalement atteint un
nombre tel
qu’il puisse déséquilibrer l’équilibre dynamique
existant au sein de la communauté
des êtres vivants. Ce sont nos peuples et nos cultures
construites sur
l’exploitation de la
Nature
et par conséquent des hommes qui les ont détruits et
continuent de les
détruire. Des cultures, il faut l’ajouter,
caractérisées par l’état de GUERRE
permanent contre la
Nature.

Schémas tirés du roman de Daniel Quinn, Ishmael, Ed J'ai lu. Selon Daniel Quinn,
Caïn pourrait être le nom repris par la Bible donné
aux peuples
d'agriculteurs (laboureurs) ayant assassiné Abel, nom
donné aux représentants des peuples de pasteurs
exterminés. Les
descendants de Caïn continuent maintenant depuis plus de 10.000
ans de tuer Abel en la
personne des peuples de chasseurs-cueilleurs encore existant. Parmi ces
derniers, les Indiens Yanomani
en Amazonie et les Andamanais sur les îles Andaman
gouvernées par l'Inde sont parmi les victimes actuelles...
Sur
Wikipédia, ont peut lire ceci : « Les modes sociaux des
chasseurs-cueilleurs se heurtent violemment depuis l'invention de
l'agriculture, il y a 10 000 ans, aux sociétés pastorales
ou agricoles. Perçus
comme des parasites, ils disparaissent la plupart du temps ou sont
refoulés sur
des terres ingrates. La colonisation et l'industrialisation poursuivent
ce
processus. »
Au nom de quoi ? Au
nom de quelle pseudo-morale, nous sommes nous
- nous les représentants des conquérants, des
annihilateurs de toute vie
concurrente - arrogés le droit de devenir plusieurs centaines de
millions
d’habitants sur terre pour atteindre aujourd’hui près de 7
milliards
d’individus ? Une réalité qui se traduit au
détriment des peuples vivant sans
excès, au détriment de dizaines et dizaines de milliers
d’espèces animales et
végétales, au détriment de la Nature et donc de
nous-mêmes aussi qui oublions si facilement
que nous sommes des êtres organiques, des animaux comme les
autres, plus
précisément des primates, plus particulièrement
des grands singes (Pascal
Picq).
Claude
Lévi-Strauss écrivait ces phrases d’une grande
lucidité : "C'est
maintenant [...] qu'exposant
les tares d'un humanisme décidément incapable de
fonder chez l'homme l'exercice de la vertu, la pensée de
Rousseau peut nous
aider à rejeter l'illusion dont nous sommes, hélas ! en
mesure d'observer en
nous-mêmes les funestes effets. Car n'est-ce pas le mythe de la
dignité
exclusive de la nature humaine qui a fait essuyer à la nature
elle-même une
première mutilation, dont devaient inévitablement
s'ensuivre d'autres
mutilations? On a commencé par couper l'homme de la nature, et
par le
constituer en règne souverain; on a cru ainsi effacer son
caractère le plus
irrécusable, à savoir qu'il est d'abord un être
vivant. Et, en restant aveugle
à cette propriété commune, on a donné champ
libre à tous les abus. Jamais mieux
qu'au terme des quatre siècles de son histoire l'homme
occidental ne put-il
comprendre qu'en s'arrogeant le droit de séparer radicalement
l'humanité de l'animalité,
en accordant à l'une tout ce qu'il retirait à l'autre, il
ouvrait un cycle
maudit, et que la même frontière, constamment
reculée, servirait à écarter des
hommes d'autres hommes, et à revendiquer au profit de
minorités toujours plus
restreintes le privilège d'un humanisme corrompu aussitôt
né pour avoir
emprunté à l'amour propre son principe et sa notion."
(Claude
Lévi-Strauss, Anthropologie structurale, Deux, Paris, Plon,
1973, p. 53.)
Alors,
quel avocat de la natalité sans frein, quel cynique encore va
oser argumenter
en faveur de la poursuite du double crime, raciste envers la partie
saine de
l’humanité « Ceux-qui-laissent » (Daniel Quinn) et
spéciste envers les autres
espèces ?
Dire qu’ils y en a
qui ont osé chercher à disqualifier moralement Michel
Tarrier !
La question est
maintenant comment assurer la nécessaire
dénatalité
en respectant les droits de l’homme ? Une réponse, parmi
d’autres, serait
d’assurer un minimum vital à chaque humain sur terre afin de
délivrer beaucoup
de la nécessité d’avoir des enfants qui assureront leurs
vieux jours.
Parallèlement, il s’agit d’informer et de lutter contre les
idéologies
natalistes criminelles….
Par Michel AYMERICH
Des hommes qui vivent des ressources
naturelles de leur pays...

" Les aborigènes
cherchent leurs moyens de subsistance dans la cueillette et la chasse.
Ils ne pratiquent aucune forme de jardinage ou d'élevage, et
rien ne laisse penser qu'ils se livrèrent jadis à ces
activités. [...]
Les aborigènes,
cependant, sont fixés dans toutes les parties de l'Australie
depuis des millénaires, et s'ils réussirent à y
vivre, c'est parce qu'au lieu de l'exploiter, ils s'adaptèrent
à ce pays, finissant par se trouver avec lui en harmonie
profonde. Bien sûr, ils n'ont jamais été nombreux,
ne dépassant pas pour tout le territoire, la population d'une
grande ville comme Brisbane, mais ils vécurent toujours
uniquement de ce leur dispensa cette terre. Et s'ils ont pu subsister
ainsi, année après année, dans les moments
propices comme dans les mauvaises périodes, dans les
contrées qui font figure de paradis (le "bon pays
indigène") comme dans les déserts arides qui paraissent
vierges de toute piste, c'est qu'au cours des siècles les
aborigènes, instruits par l'expérience et les
épreuves, se conformèrent petit à petit aux
conditions mésologiques, et ce, sur trois plans à la
fois: intellectuel, technique et psychologique." (Les Aborigènes australiens,
A.P. Elkin, Gallimard, 1967, pp. 60-61 )
Ces
hommes ne portent aucune responsabilité pour nos barbaries.
Leurs
cultures sont étrangères aux guerres de religions,
à la "sainte"
inquisition, aux fanatismes religieux et aux conversions
forcées, à la guerre
de cent ans, aux deux guerres mondiales, aux génocides, dont
ceux d'Auschwitz
et du Rwanda, aux bombes atomiques sur Nagasaki et Hiroshima, aux mines
antipersonnelles, au réchauffement climatique, à la
pollution, à l'extinction
massive des espèces, etc.
Pourtant, ce sont nous qui nous
autoproclamons
"civilisés", nous qui sommes les participants de "l'aventure
humaine" ou de "l'odyssée de l'espèce", nous qui nous
nous
concevons comme les filles et fils des saints, des prophètes,
des conquérants,
des chefs de guerre, des sportifs tous plus performants et rapides les
uns que
les autres (jeux olympiques). Nous qui dictons et avons le droit de
dicter aux
autres (les "sauvages" restés en marge de la
"civilisation") quelle est la juste et vraie morale. Nous qui
décidons
qui doit vivre et mourir, nous qui décrétons qu'il y a
des espèces
"utiles" et d'autres "nuisibles"...

Pourtant, ces femmes et
ces hommes - sans les massacres perpétrés contre eux par
les hommes "civilisés" -
existent sur le continent australien depuis des dizaines de milliers
d'années
et poursuivent un mode de vie, sans rupture fondamentale, en
continuation avec
celui des collecteurs-chasseurs (ou "chasseurs-cueilleurs", selon une
terminologie moins neutre et plus idéologique) depuis des
millions d'années.
Mais nous, pouvons-nous
dire si nous allons pouvoir continuer pendant des millénaires
à vivre comme nous vivons
ou faisons semblant de vivre? Tout indique que non, n'est-ce pas?
Tout indique
que nos modes de vie ne sont pas durables et beaucoup de faits
démontrent que
le prix payé est insoutenable...
Alors qu'attendons-nous pour
chercher résolument
les moyens de changer de cap et réduire notre impact global sur
l'ensemble de
la planète? En commençant sans attendre les autres par
donner l'exemple dans
nos pays. Qu'attendons-nous donc pour proclamer haut et fort que nous
devons
non seulement modifier nos comportements et assurer une
décroissance
raisonnable, mais encore réduire notre démographie
jusqu'à un seuil tolérable
pour les autres espèces et pour ceux des peuples ayant
démontré leur capacité à
vivre?
Ces peuples parlant leurs
langues, ayant leurs coutumes, n’ont jamais été
très nombreux en nombre d’individus. Les représentants de
ces peuples n’ont
jamais globalement atteint un nombre tel qu’il puisse
déséquilibrer l’équilibre
dynamique existant au sein de la communauté des êtres
vivants.
Ce sont nos
peuples constitués en nations et en Etats, littéralement
déformés en véritables
hommes dénaturés par des cultures construites sur
l’exploitation de la
Nature et par conséquent
des hommes eux-mêmes qui les ont détruits et continuent de
les détruire. Des
"cultures", il faut l’ajouter, caractérisées par
l’état de GUERRE permanent
contre la
Nature.
Une des
solutions à proposer afin de réduire notre impact
destructeur et
autodestructeur ne serait-elle pas d'assurer la nécessaire
dénatalité en
respectant les droits de l’homme ? Par exemple en assurant un minimum vital à
chaque humain sur terre afin de délivrer beaucoup de la
nécessité d’avoir des
enfants qui assureront leurs vieux jours, et, parallèlement, en
informant et en
luttant contre les idéologies natalistes criminelles!
De l'argent pour financer
un tel programme, il y en a. Comptez seulement ce qui est
dépensé pour les
guerres et les armées...
Michel AYMERICH
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"Il faut briser la dictature du TABOU
concernant notre droit usurpé à procréer sans fin
et de manière purement criminelle..."
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