Cerastes vipera photographié par Michel Aymerich
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Déclaration de fondation

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Pour une nouvelle relation des humains
aux autres animaux...

    Le GEOS a pour but d’encourager l’étude et l’observation portant sur la faune sauvage et les écosystèmes afin de les mettre au service prioritaire de la sauvegarde des espèces et de leurs milieux et d'encourager l'émergence d'un rapport qualitativement nouveau aux animaux non-humains.
   
    En ce début de siècle, nous vivons une catastrophe écologique sans précédent. La sixième extinction massive d’espèces mais la première provoquée par des représentants d’une seule et unique espèce : ceux des Homo sapiens sapiens qui usurpant leur dénomination latine d’ « hommes sages » anéantissent de  par  leurs modes  de production et  de  consommation  successifs   des   espèces  et  écosystèmes  entiers.  Et  ce depuis  la 
"révolution agricole" jusqu’à nos jours.

      Pour y parvenir, bien qu'avec des responsabilités inégales, ils continuent à exterminer – aujourd’hui de préférence par les moyens du  "génocide culturel"  (Aimé Césaire), mais aussi encore par les moyens de l'anéantissement physique – les populations subsistantes de chasseurs-cueilleurs, dépositaires des cultures les plus anciennes et les seules à avoir fait la démonstration pratique dans l’histoire de l’humanité que celle-ci peut savoir vivre dans une symbiose relative avec l’ensemble du monde vivant.
   
    Le rythme de l’extinction massive que nous vivons actuellement est unique. En ce sens, elle est la première du genre, et non la sixième. Selon certains écologues, les taux d’extinction actuels seraient de 1000 à 10000 fois supérieurs à ceux qui ont prévalu durant les grandes crises précédentes. Un auteur, Daniel Quinn, évalue à 200 par jour le nombre d’espèces qui disparaissent à tout jamais.
   
    C’est une réalité qui traduit un état de barbarie doublement insoutenable. D’un point de vue moral et culturel déjà. Ainsi Théodore Monod argumentait-il :



       Dodo
Le Dodo
  "Le jour n'est, hélas! pas venu où l'extinction
d'une espèce vivante sera tenue pour un délit
aussi grave que la destruction d'un chef-d’œuvre artistique.
Le fait est d'ailleurs plus grave encore,
évidemment, puisqu'on peut reconstruire
un monument

ou même refaire un tableau, mais qui rappellera
à la vie le grand pingouin, le pigeon migrateur, le dodo ou le zèbre quagga? "

    Mais c’est aussi insoutenable de par les perspectives de la vie sur terre. Quel avenir proche nous attend, en effet, nous et les générations plus jeunes, si tous nous n’assumons pas notre part de responsabilité ?
    
    Sachant que d’ores et déjà, nous glissons sur une pente vertigineuse :  "partout les ressources s’épuisent, tandis que les gâchis augmentent et que les inégalités se creusent : 20% des habitants de la planète consomment 80% de ses ressources. Les autres se débrouillent comme ils peuvent. Trois milliards d’êtres humains vivent avec moins de deux dollars par jour. La pollution gagne ; chaque jour 25.000 habitants du tiers-monde meurent à cause de la contamination chimique et bactériologique de l’eau […] "  (Nicolas Hulot). Bientôt, à elles seules, les populations urbaines atteindront les cinq milliards et d’ici quelques décennies le total de la population mondiale atteindra la barre des 10 milliards.
   
    Ces chiffres prennent toute leur signification lorsqu’on prend conscience qu’en France la population d’Ours bruns est inférieure en nombre à celle d’une seule famille française au complet (grands-parents, tantes et oncles, cousins et cousines compris) ; qu’au Maroc, les populations de panthères et de guépards, – et peut-être déjà d'hyènes – sont chacune inférieures à celle d’une seule et unique famille marocaine. Dans chaque pays les exemples peuvent être multipliés à l’infini qui illustrent que nous occupons une place démesurée et que nous consommons littéralement la planète, aggravant en cela les conditions de vie de milliards d'enfants, de femmes et d'hommes et que bientôt si ce processus n'est pas stoppé et inversé la question de la survie de l'espèce humaine, elle-même, sera posée.

    Pendant des siècles, sinon plusieurs millénaires, nos  "civilisations" ont entretenu et reproduit en l’aggravant un rapport faussé aux autres espèces, lequel s’est traduit au fil rouge-sang de l’histoire par l’établissement d’une opposition artificielle entre "humanité et animalité",  "âme et corps",  "homme et femme",  "civilisé et sauvage",   "Blanc et Nègre",  "Aryen et Juif",  "Tutsi et Hutu", etc.
    Aujourd’hui cette opposition prend fréquemment la forme du possesseur aliéné du dernier cri technologique face au laissé-pour-compte du  "développement". Si ces oppositions semblent chronologiquement se succéder, souvent elles se superposent pour ensemble former un complexe de préjugés cachés derrière le joli masque de  "la culture". "Il n’existe pas un témoignage de culture qui n’en soit un, en même temps, de barbarie"  écrivait Walter Benjamin.

  
    Ce processus néfaste, esquissé ici, atteint ses limites historiques. Maintenant, privés de façon croissante de  relation directe aux  autres  espèces et à la nature, en véritables "animaux dénaturés", nous sombrons dans un univers artificiel et désenchanté, source des plus grands dangers.

    C’est sur la base de ces constatations comme des valeurs et de la conception du monde qui s'en dégagent que nous avons pris notre part de responsabilité d'engager une action, certes modeste dans ses proportions, mais grande dans ses intentions et sa signification symbolique, afin d’œuvrer à la nécessaire inversion du cours des choses.

        Pour ce faire : 
  •   Le GEOS se fixe pour but premier de contribuer à promouvoir une nouvelle relation des femmes et des hommes aux autres espèces animales afin de contribuer à transformer le rapport de domination et de destruction existant dans le sens d’un équilibre retrouvé et d’un respect nouveau dans l’histoire de l’humanité.
  •   Le GEOS sera animé d’une éthique du respect des formes de vie se rapportant aussi bien aux Vertébrés qu’à une grande partie des Invertébrés (Insectes,  Arachnides, etc.).
  •   Le GEOS oeuvrera à organiser des excursions,  voyages et expéditions naturalistes en France comme dans différentes zones du monde, notamment en Afrique et tout particulièrement dans les régions sahariennes. Ces excursions,  voyages et expéditions naturalistes auront pour objet tant de former à l’observation des différentes espèces animales – sans pour autant omettre le monde végétal – que d’amener les participants à rassembler systématiquement les observations et photographies réalisées afin de les publier soit sur Internet, soit dans un bulletin ou dans des revues et de les mettre au service de la cause de la sauvegarde des espèces et des écosystèmes en danger. Ce faisant, ces excursions, voyages et expéditions naturalistes seront organisés conformément à la Charte du Respect des Espèces et des Ecosystèmes initiée par le GEOS et de façon à contribuer par la promotion d’une activité durable et soutenable à convaincre les populations concernées du bien-fondé de notre démarche.
  •  Le GEOS s’efforcera de contribuer à jouer auprès des jeunes générations, des enseignants et des populations un rôle dans la sensibilisation au nécessaire respect aussi bien de la biodiversité en tant qu’élément essentiel de notre biosphère qu’au respect non moins nécessaire de nombreux représentants individuels des diverses espèces (Vertébrés et Invertébrés). 

" Tu traiteras avec les mêmes courtoisies serpents, scorpions, tarentules et toutes espèces de bêtes nuisibles. Nuisible, tu l'es toi-même plus que la bête : est-ce toi-même que tu voudrais punir en elle ? Laisse-la partir, et tes malices avec elle."  écrivait Lanza del Vasto.
      
    Un respect essentiel, nous en sommes convaincus, tant à notre équilibre intellectuel et moral qu'au devenir même de notre espèce et à la diversité de la vie 
sur terre.
Galeode
Solifuge du Nord du Sahara marocain. ©M.A.
    Un des moyens pour y parvenir étant de surmonter préjugés, peurs irrationnelles phobies, lesquels trahissent bien souvent l’inquiétude de ne pouvoir contrôler et dominer : "Nous sommes éduqués à la maîtrise. Tout ce qui n’obéit pas nous fait peur " (François Terrasson)
  • Le GEOS assurera la mise en place de liens et leur maintien avec d’autres associations, institutions, centres de recherche, universités, personnes, etc., lesquels oeuvreront dans le sens des objectifs de l’Association, tels que formulés dans la présente Déclaration de fondation.
  • Ce faisant, le GEOS établira des liens privilégiés de partenariat avec l’Association GERES (Groupe d’Etude et de Recherches des Ecologistes Sahariens).

Déclaration du GEOS
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