Déclaration
de
fondation
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Pour
une nouvelle
relation des humains
aux
autres
animaux...
Le GEOS a
pour but
d’encourager l’étude et l’observation portant sur la faune
sauvage et les écosystèmes afin de les
mettre au service prioritaire de la sauvegarde des espèces et de
leurs milieux et d'encourager l'émergence d'un rapport
qualitativement nouveau aux animaux non-humains.
En ce début de siècle, nous vivons une
catastrophe écologique sans précédent. La
sixième extinction massive d’espèces mais la
première provoquée par des représentants d’une
seule et unique espèce : ceux des Homo sapiens sapiens qui usurpant
leur dénomination latine d’ « hommes sages »
anéantissent de par leurs modes de production
et de consommation successifs
des espèces et
écosystèmes entiers. Et ce depuis
la "révolution
agricole"
jusqu’à nos jours.
Pour y parvenir, bien qu'avec des
responsabilités inégales, ils continuent à
exterminer – aujourd’hui de préférence par les moyens
du "génocide culturel"
(Aimé Césaire), mais aussi encore par les moyens
de l'anéantissement physique – les populations subsistantes de
chasseurs-cueilleurs, dépositaires des cultures les plus
anciennes et les seules à avoir fait la démonstration
pratique dans l’histoire de l’humanité que celle-ci peut savoir
vivre dans une symbiose relative avec l’ensemble du monde vivant.
Le rythme de l’extinction massive que nous vivons
actuellement est unique. En ce sens, elle est la première du
genre, et non la sixième. Selon certains écologues, les
taux d’extinction actuels seraient de 1000 à 10000 fois
supérieurs à ceux qui ont prévalu durant les
grandes crises précédentes. Un auteur, Daniel Quinn,
évalue à 200 par jour le nombre d’espèces qui
disparaissent à tout jamais.
C’est une réalité qui traduit un
état de barbarie doublement insoutenable. D’un point de vue
moral et culturel déjà. Ainsi Théodore Monod
argumentait-il :
|
Le Dodo
|
"Le
jour n'est, hélas! pas venu
où l'extinction
d'une espèce vivante sera tenue
pour un
délit
aussi grave que la destruction d'un
chef-d’œuvre
artistique.
Le fait est d'ailleurs plus grave encore,
évidemment, puisqu'on peut
reconstruire
un monument
ou
même refaire un tableau, mais qui rappellera
à la vie le
grand pingouin, le pigeon migrateur, le dodo
ou le zèbre quagga? "
|
Mais
c’est aussi insoutenable de par les perspectives de la vie sur terre.
Quel avenir proche nous attend, en effet, nous et les
générations plus jeunes, si tous nous n’assumons pas
notre part de responsabilité ?
Sachant que d’ores et déjà, nous
glissons sur une pente vertigineuse : "partout les
ressources s’épuisent, tandis que les gâchis augmentent et
que les inégalités se creusent : 20% des habitants de la
planète consomment 80% de ses ressources. Les autres se
débrouillent comme ils peuvent. Trois milliards d’êtres
humains vivent avec moins de deux dollars par jour. La pollution gagne
; chaque jour 25.000 habitants du tiers-monde meurent à cause de
la contamination chimique et bactériologique de l’eau […]
" (Nicolas Hulot). Bientôt, à elles seules, les
populations urbaines atteindront les cinq milliards et d’ici quelques
décennies le total de la population mondiale atteindra la barre
des 10 milliards.
Ces chiffres prennent toute leur signification
lorsqu’on prend conscience qu’en France la population d’Ours bruns est
inférieure en nombre à celle d’une seule famille
française au complet (grands-parents, tantes et oncles, cousins
et cousines compris) ; qu’au Maroc, les populations de panthères
et de guépards, – et peut-être déjà
d'hyènes – sont chacune inférieures à celle d’une
seule et unique famille marocaine. Dans chaque pays les exemples
peuvent être multipliés à l’infini qui illustrent
que nous occupons une place démesurée et que nous
consommons littéralement la planète, aggravant en cela
les conditions de vie de milliards d'enfants, de femmes et d'hommes et
que bientôt si ce processus n'est pas stoppé et
inversé la question de la survie de l'espèce humaine,
elle-même, sera posée.
Pendant des siècles, sinon plusieurs
millénaires, nos "civilisations" ont entretenu et
reproduit en l’aggravant un rapport faussé aux autres
espèces, lequel s’est traduit au fil rouge-sang de l’histoire
par l’établissement d’une opposition artificielle entre
"humanité et animalité", "âme et
corps", "homme et femme", "civilisé
et sauvage", "Blanc et Nègre", "Aryen et
Juif", "Tutsi et Hutu", etc.
Aujourd’hui cette opposition prend
fréquemment la forme du possesseur aliéné du
dernier cri technologique face au laissé-pour-compte du
"développement". Si ces oppositions semblent
chronologiquement se succéder, souvent elles se superposent pour
ensemble former un complexe de préjugés cachés
derrière le joli masque de "la culture". "Il n’existe pas un
témoignage de culture qui n’en soit un, en même temps, de
barbarie" écrivait Walter Benjamin.
Ce processus néfaste, esquissé ici,
atteint ses limites historiques. Maintenant, privés de
façon croissante de relation directe aux
autres espèces et à la nature, en véritables
"animaux dénaturés", nous sombrons dans un
univers artificiel et désenchanté, source des plus grands
dangers.
C’est sur la base de ces constatations comme des
valeurs et de la conception du monde qui s'en dégagent que nous
avons pris notre part de responsabilité d'engager une action,
certes modeste dans ses proportions, mais grande dans ses intentions et
sa signification symbolique, afin d’œuvrer à la
nécessaire inversion du cours des choses.
Pour
ce faire :
- Le
GEOS se
fixe pour but premier de contribuer à promouvoir une nouvelle
relation des femmes et des hommes aux autres espèces animales
afin de contribuer à transformer le rapport de domination et de
destruction existant dans le sens d’un équilibre retrouvé
et d’un respect nouveau dans l’histoire de l’humanité.
- Le
GEOS sera
animé d’une éthique du respect des formes de vie se
rapportant aussi bien aux Vertébrés qu’à une
grande partie des Invertébrés (Insectes,
Arachnides, etc.).
- Le
GEOS
oeuvrera à organiser des excursions,
voyages et
expéditions naturalistes en France comme dans
différentes
zones du monde, notamment en Afrique et tout particulièrement
dans les régions
sahariennes. Ces excursions, voyages et
expéditions naturalistes auront pour objet tant de former
à l’observation des différentes espèces animales –
sans pour autant omettre le monde végétal – que d’amener
les participants à rassembler systématiquement les
observations et photographies réalisées afin de les
publier soit sur Internet,
soit dans un bulletin ou dans des revues et
de les mettre au service de la cause de la sauvegarde des
espèces et des écosystèmes en danger. Ce faisant,
ces excursions, voyages et expéditions naturalistes seront
organisés conformément à la Charte du Respect
des Espèces et
des Ecosystèmes initiée par le GEOS et de
façon à contribuer par la promotion d’une
activité durable et soutenable à convaincre les
populations concernées du bien-fondé de notre
démarche.
- Le
GEOS
s’efforcera de contribuer à jouer auprès des jeunes
générations, des enseignants et des populations un
rôle dans la sensibilisation au nécessaire respect aussi
bien de la biodiversité en tant qu’élément
essentiel de notre biosphère qu’au respect non moins
nécessaire de nombreux représentants individuels des
diverses espèces (Vertébrés et
Invertébrés).
|
" Tu
traiteras avec les mêmes
courtoisies serpents, scorpions, tarentules et toutes espèces de
bêtes nuisibles. Nuisible, tu l'es toi-même plus que la
bête : est-ce toi-même que tu voudrais punir en elle ?
Laisse-la partir, et tes malices avec elle."
écrivait
Lanza del Vasto.
Un respect essentiel,
nous en sommes convaincus,
tant à notre équilibre intellectuel et moral qu'au
devenir même de notre espèce et à la
diversité de la vie sur terre.
|
Solifuge
du
Nord du Sahara marocain. ©M.A.
|
Un des
moyens pour y parvenir étant
de surmonter préjugés, peurs irrationnelles, phobies,
lesquels trahissent bien
souvent
l’inquiétude de ne pouvoir contrôler et dominer : "Nous
sommes éduqués à la maîtrise. Tout ce qui
n’obéit pas nous fait peur " (François
Terrasson)
- Le GEOS
assurera
la
mise
en place de liens et leur maintien avec d’autres associations,
institutions, centres de recherche, universités, personnes,
etc., lesquels oeuvreront dans le sens des objectifs de l’Association,
tels que formulés dans la présente Déclaration de
fondation.
- Ce faisant,
le
GEOS
établira des liens privilégiés de partenariat avec
l’Association GERES
(Groupe d’Etude et de Recherches des Ecologistes
Sahariens).
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