Cerastes vipera photographié par Michel Aymerich
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Voir également la page : Exposé & Débats

27. A propos de "l'aventure humaine" (celle de "Ceux-qui-prennent")
Par Pallida et Jeapi
26.
L'hypothèse Gaïa... (Echange de mails)
24. La femme avec le serpent (commentaire d'une photo de Paul Outerbridge). Par Michel AYMERICH.
23.
Echange de mails sur le thème de l'effroyable surpopulation humaine.
22. Réflexions d'un autre type : De la signification et des conséquences du massacre des serpents sur les hommes. 26 juin 2007. Par Michel AYMERICH.
21. Une tribu indienne vierge de tout contact avec les barbaries contemporaines. Juin 2007. Par Michel AYMERICH.
20
A Propos du texte :  "AVIS DE TEMPÊTE A L'AUBE D'UNE NOUVELLE ERE Energies fossiles et climat, réagissons!". Remarques de Pierre RASMONT.
19. Le pays de la corrida cachait une autre horreur : l'enfer des galgos.
Par Michel TARRIER.

18. A propos des cobras et autres serpents des places de Jemaa-El-Fna et d'ailleurs... Par David OUDJANI.
17. Cher Michel Tarrier (en guise de réponse à deux de ses contributions sur le FORUM du GEOS) Par Hassan DOUZI.
16. Le faucon que mes yeux ont rarement aperçu... Par Belkacem K.
15.
Hommes de ma patrie,  par Saïd.

14. Venez très nombreux faire du bruit le 16 décembre à Merzouga : Méga concert sous l’égide de l’UNESCO d’un artiste au grand cœur ! par Michel TARRIER.
13. Rira bien qui rira le dernier... par Michel TARRIER.
12. À quand le grand Sit-in Place Jemaa-El-Fna des stars amies de Marrakech ? A propos de Julia Roberts et des spectacles indignes de Marrakech, par Michel TARRIER.
11. Le grand jeu de l'Île de Pâques, par Michel TARRIER.
10. Observations naturalistes au Sénégal, par Olivier LEBLANC.
9. Echange de mails autour d'un "Petit compte-rendu non exhaustif de la soirée d'hier avec Nicolas Hulot et Dominique Voynet".
8. Esculape, dieu romain de la médecine. Association REPT.

7. La vie dans la haie. Association REPT.
6. Avis aux promeneurs et aux jardiniers. Association REPT.

5. Si utiles, tant mal aimés. Association REPT.
4. Un rapport secret sur le prochain choc climatique. Michel TARRIER. Egalement lien vers le rapport traduit en français...
3. Exhortation contre le spécisme. Michel TARRIER.
2. Réactions et discussions autour  du texte de J. Bousquet, Pourquoi l'agriculture biologique est-elle un facteur de survie ?
1. Texte de J. Bousquet : Pourquoi l'agriculture biologique est-elle un facteur de survie ?

27. A propos de "l'aventure humaine"
(celle de "Ceux-qui-prennent")

De : jeapi

Date : 4 octobre 2007 18:35:01 GMT+02:00

À : J. D.

Objet : re: Ceux-qui-laissent et ceux-qui-prennent ...

Cher Jean,

J'ai longtemps réfléchi à l'analyse des oeuvres de Quinn par M. Aymerich et mes conclusions sont encore plus misanthropes et pessimistes !

En effet : tant que l'espèce humaine est restée au niveau "chasseur-cueilleur", elle n'a rien fait d'autre que ce que faisaient toutes les espèces animales qui lui étaient contemporaines. Tuer ou cueillir pour manger et manger pour vivre.

L'agriculture lui a permis de se sédentariser .... et c'est là que le bât a commencé à blesser car elle est passée de la notion de simple subsistance à la notion de production excédentaire et donc d'expansion !

L'Homo que l'on dit sapiens va disparaître de la planète du fait de l'acquisition suprême qu'est son intelligence ...

Pour moi, pas de notion religieuse derrière tout ça, mais le constat amer que le point de non-retour a hélas été dépassé du fait de la course aux profits à laquelle est intimement liée la "société de consommation" ...

L'animal, qui ne possède pas l'intelligence, n'a aucun désir de conquête, aucune méchanceté réfléchie, aucune rancoeur mais un INSTINCT DE SURVIE ......... que l'Homo sapiens a perdu !

Continue donc à rendre la vie douce aux péliades dans ton plat pays car, là est la vérité : le respect de la VIE qui nous entoure, tout simplement.

Je suis un "mauvais citoyen" car je consomme peu (encore trop mais il est impossible de renoncer à la civilisation) et je dois t'avouer que lorsque je réfléchis un peu, j'ai parfois honte d'appartenir à l'espèce humaine ...

Allez, bonne soirée mon ami, je souhaite que l'avenir me donne tort .... mais je crains beaucoup d'avoir raison !

 **Un livre à lire (très ardu) : "Et si l'aventure humaine devait échouer" de feu Théodore Monod - Editions Grasset.

From: Pallida

To: Aymerich Michel

Subject: RE : Fwd: Ceux qui laissent et ceux qui prennent ...

Bonjour Michel,

En vous remerciant sincèrement de tous vos courriers auxquels, hélas; je ne prends pas le temps de répondre du fait d'un emploi du temps débridé et aussi mea-culpa de ma négligence.... Je viens de lire cet ultime message et suis heureux de savoir que quelque part existe mon alter ego de pensée!

Je me permet de "pousser" plus loin le commentaire sur l'instinct de survie qu' Homo sapiens aurait perdu en disant qu'au contraire celui-ci est tellement présent qu'il l'a poussé à devenir le dominant de la chaîne vivante de toutes les espèces (animales, végétales) en oubliant ce qu'il a été il y a peine 10 000 ans.

Mieux encore, de part son "intelligence" Homo sapiens est devenu le conquérant que l'on connaît, le manipulateur, le créateur pour s'assurer de la pérennité à n'importe quel prix! On sait les souffrances, les horreurs et le cortège de destructions irréversibles (avec leurs réactions en chaînes) dont il n'était même pas conscient ou préférerait taire qui ont été engendrés par sa  soit-disante supériorité.

Je suis certain que l'évolution a fait un couac en le dotant de cette dernière et que toute merveilleuse qu'elle puisse être, elle n'en est pas moins une arme de destruction massive dans sa finalité!

Nous sommes pris dans un engrenage et ne savons plus comment freiner la machine, trop de choses, trop vite... Il serait grand temps que cela s'arrête!... Pas pour nous! Non! Loin de là (nous ne faisons que passer et quelques milliers d'années ne pèsent pas lourd ) mais pour tout ce qui vit et pour la boule bleue qui nous sert de vaisseau spatial et temporel et qui ne peut pas contacter de base de lancement pour appeler:

"AU SECOURSVIRUS  DESTRUCTEUR  A  BORD  DETECTE  NOM DE CODE: HOMO SAPIENS SAPIENS !"

... ce n'est pas de la science-fiction... nous y allons à grands pas!

Que ne sommes nous restés à l'état de grands singes!

Tout est si vrai hélas dans cette analyse "au couteau" et comme le dit si bien votre ami Jeapi: j'aimerais tant avoir tort!

Mon épitaphe était, est et restera : "Le véritable crime de l'homme, c'est d'être né!" ...

A méditer en toute humilité et loin de toutes pensées et croyances politico-religio-humano-sectaires! simplement avec la vision de l' Orang-Outang ou du Chimpanzé! ...ce ne devrait pas être trop difficile pour nous qui sommes SI BIEN !

Le roi des pessimistes...

Cordialement.


26. Une discussion sur le thème du devenir des espèces et sur "Ceux-qui-prennent" et "Ceux-qui-laissent"

PALLIDA a écrit :

Bonjour, je viens de lire vos pages et je peux vous affirmer que je suis consterné devant l'ampleur des dégâts (connus et inconnus) que nous infligeons tous (y compris moi) à notre petite sphère bleue.

Je pense sincèrement et ceci sans catastrophisme que devant tant de profits, d'individualisme, l'homme (puisqu'il s'agit bien de lui et de lui seul) est bien la seule espèce de mammifère qu'il faudrait voir en voie d'extinction (c'est terrible de devoir penser ainsi!)mais du paysan indien au génie scientifique, qu'est-ce qui justifie, qui excuse, une telle prétention?

Nous sommes ici par le grand jeu de la Nature, par une merveilleuse alchimie, un assemblage génial de molécules, d'atomes, etc. qui a fait de nous ce que nous sommes et qui nous a inscrit dans le grand Jeu de la Vie et rien de plus... et c'est pure folie que de se croire autre chose que ce que nous sommes!

Dans la grande machinerie de l'évolution, de la simple poussière d'étoile d'il y a 14 milliards d'années à nos jours, comme disait un philosophe: "Le véritable crime de l'homme, c'est d'être né!" Il faudra m'expliquer pourquoi nous sommes la seule espèce (douée d'intelligence, ce dont je doute profondément) à nous sentir si supérieure?

Peut-être DOIT-il en être ainsi...encore pendant quelques milliers d'années avant de retourner au néant...?

Nous ne sortirons pas vainqueurs de toute cette désolation que nous semons. Au mieux nous allongerons notre "temps de passage" mais à quel prix pour tout ce qui nous entoure?

Je suis natif d'un coin de campagne et ai pas mal voyagé et partout je n'ai rien trouvé qui me réconcilie avec la nature humaine. La seule confiance que j'accorde sans restriction va à la Nature qui, bien avant nous, a su gérer son évolution et à son rythme. Le constat (sans animosité aucune) est que je ne crois plus en l'Homme. Amer savoir que je tire du voyage! Pour reprendre une expression lourde de conséquences: L'homme a programmé sa propre solution finale.

Laissons le facteur temps agir... nous y arriverons!

Je reste pétri d'admiration devant des personnes comme vous qui vous battez au quotidien pour faire savoir, reconnaître et essayez de sauver ce qui peut l'être!  Respect à vous tous de par le monde car même devant le constat d'échec où nous courons vous aurez eu le mérite d'avoir essayé et d'y avoir cru. Admiration sincère.

Un habitant de la planète.

----- Original Message -----

From: michel aymerich

To: PALLIDA

Sent: Sunday, May 20, 2007 2:28 AM

Subject: RE : Commentaires

Bonjour ou bonsoir (il est tard),

Tout d'abord, merci de votre soutien moral.

 Je vous comprends, mais je ne peux me permettre d'adopter votre pessimisme ou même toute forme de pessimisme ou bien alors à la manière d' Antonio Gramsci lorsqu'il conseille : "Il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté"

Que faire d'autre, sinon?

 Je ne pense pas que l'homme en tant que tel soit la cause du problème. Les peuples de chasseurs-cueilleurs, tels les Indiens d'Amazonie, les Aborigènes d'Australie, les Bushmens du Kalahari et bien d'autres ne se sont pas comportés et ne se comportent pas, lorsqu’ils sont eux-mêmes et non acculturés, comme des "terminators", des exterminateurs subjectifs ou objectifs de toute vie, y compris humaine...

Le problème vient d'un type de civilisation que l'auteur américain Daniel Quinn qualifie de "Ceux-qui-prennent" par opposition à "Ceux-qui-laissent" (les peuples cités ci-dessus). Ce type de civilisation trouve sa source dans la révolution agricole commencée il y a dix mille ans, une révolution dirigée contre les peuples de chasseurs-cueilleurs et contre toutes les espèces sauvages et ce jusqu'à aujourd'hui...

En ce sens, on ne peut désigner l'homme en tant qu'Homo sapiens comme étant coupable. Comme s'il l'était génétiquement.

 Je vous envoie ci-joint copie d'un texte (* Voir lien ci-dessous) que j'avais adressé à mon ami Michel Tarrier dans lequel à sa demande je résumais brièvement, très brièvement, trop brièvement la pensée de D. Quinn dont je conseille vivement la lecture de ses ouvrages, tout particulièrement son "Ishmael".

 [...]

Meilleures salutations,

Michel Aymerich

----- Original Message -----

From: PALLIDA

To: michel aymerich

Il est évident que votre commentaire est on ne peut plus juste. Homo sapiens n'est par-lui même LE responsable direct de cette hécatombe de plus en plus visible puisqu'il s'inscrit au même titre que tout ce qui  fait de la Terre ce qu'elle est dans la merveilleuse machinerie  de l'univers, mais je ne peux concevoir dans une évolution dite "normale" (avec tout ce que cela implique, disparition de certaines espèces au profit de nouvelles, périodes de désertification, de glaciation etc.) pourquoi, soudain, une étincelle que je nommerai "intelligence" (puisqu'il faut des mots pour nous comprendre) est venue gripper la machine et que l'homme soit de ce fait l'être tel que je connais?

Y a-t-il eu erreur dans la programmation de l'évolution? Le facteur "intelligence" est-il l'élément anarchique (un mal) nécessaire afin de passer à autre chose? L'homme est-il un "moyen" pensé et prévu par l'évolution et inéluctable pour accéder à l'étape supérieure et surtout sans lui?... j'en doute fortement...

Ou alors serait-ce le seul et unique "couac" de l'évolution? je le pense malheureusement...

Sur les millions d'espèces de notre planète, nous sommes la seule à ne jamais vivre pour vivre.

Depuis que nous nous sommes doués d'intelligence, nous avons créé autre chose: la grande quête du plus, du mieux qui engendre gratuitement égoïsme, individualisme, esprit de supériorité, création de besoins (même s'ils ne sont pas justifiés), goût de la possession, du pouvoir, de la gloire... Nous défions les lois élémentaires de la vie: manipulations génétiques, fission de l'atome pour nous assurer suprématie et pérennité! Nous piétinons allègrement la merveille qu'est la Vie sous toutes ces formes.

Lutter, se battre pour survivre et rester inscrit dans Le Grand Livre est une nécessité naturelle depuis la nuit des temps (certains y sont parvenus, d'autres ont disparu ou évolué)mais vivre pour gâcher, éradiquer, anéantir, modifier les bases de ce qui existe et vit. NON! Aucune espèce n'a jamais été programmée pour cela. Pour qui nous prenons nous?! Nous nous sommes octroyés le droit de décider au nom de la sacro-sainte intelligence. Ce n'est pas de notre compétence. Nous sommes si insignifiants, seulement de passage et même avec tous les savoirs mis en commun, nous sommes à des années lumière d'égaler "CE" qui a fait que nous sommes là. 

Depuis votre commentaire, je me suis permis de rectifier la pensée (qui n'est pas de moi) dont je vous faisais part: Le véritable crime de l'homme c'est d'être né! en "Le véritable crime de l'homme c'est d'être né pour être "intelligent"!

Je ne crois en aucun dieu et pas en l'homme, en revanche compréhension, respect et humilité resteront les mots qui m'aideront à terminer mon passage sur la planète bleue.

Ne m'en veuillez pas trop de tant de noirceur.

Cordialement.

Guy.

----- Original Message -----

From: michel aymerich

To: PALLIDA

Bonsoir,

 Je fais la distinction au sein des Homo sapiens, car je pense que la question est culturelle (historique) et non génétique (une tare propre à l'espèce, en l'occurrence l'intelligence).

 La preuve EST l'existence de cultures très différentes, et même tout à fait opposées, c'est à dire antagoniques en ce qui concerne leur rapport aux autres espèces et aux écosystèmes. Ce qu'on appelle la Nature.

En accusant l'espèce tout entière et en faisant par conséquent fi de ces nombreuses preuves apportées par les faits démontrant l'antagonisme en question, on commet une erreur de méthode qui conduit évidemment au pessimisme sur l'espèce.

Ceci étant dit, je ne pense pas que la solution soit un simple "retour" au "passé", un passé, précisons-le tout de suite, qui n'est pas un passé pour tous les peuples, mais l'est pour nous...

 Je pense plutôt qu'il nous faut accomplir une formidable révolution de nos modes de pensée et d'action sur la Nature (et donc aussi  vis à vis des peuples de chasseurs-cueilleurs qui en sont une partie constituante et intégrée), ce qui touche par conséquent à nos modes de production et de consommation, à notre culture, à nos rapports sociaux, etc.

En ce sens, je pense qu'il nous faut démontrer bien plus d'INTELLIGENCE et non moins de celle-ci face aux défis posés.

 J'observe qu'il est bien plus aisé de parler et conscientiser en matière d'écologie les personnes formées et lettrées qu'illettrées et ignorantes, même si rien n'est totalement mécanique et que des nuances soient à apporter à ce propos.

 Nous avons besoin de bien plus qu'une « étincelle » d'intelligence, afin d'opérer le tournant nécessaire, ou bien alors de ce type d’étincelle de laquelle jaillit la flamme !

 Là où je peux vous comprendre/rejoindre partiellement, c’est lorsque vous émettez un doute productif sur une forme d'"intelligence", une forme inadéquate, destructrice et en fin de compte historiquement et pratiquement idiote, si ce n'est la plupart du temps criminelle... 

A quoi bon accumuler des connaissances dans des domaines qui ne mènent qu'à plus d'aliénation face à la Nature et à toujours plus de destructions, mettant en péril toutes les espèces, y compris la nôtre.

Oui, je pense que "l'aborigène", comme on l'appelle, possède ou possédait une intelligence culturelle moyenne largement supérieure à celle moyenne des citoyens de nos cultures, oui supérieure à celle de beaucoup de nos scientifiques.

Je n'écris toutefois pas tous...

Car je n'oublie pas l'intelligence remarquable d'un T. Monod.

Ces hommes et ces femmes (les aborigènes, par ex.) possèdent un savoir ininterrompu, hérité depuis des millions d'années, et non un savoir "traditionnel" âgé au plus de quelques milliers d'années, marqué par le stigmate de la rupture conduisant à l'ignorance qu'a été la "révolution" néolithique (l'affirmation de plus en plus totalitaire de l'agriculture...)

Affiche du film: Le pays où rêvent les fourmis vertes
Vidéo avec représentation de l'affiche du film de Werner Herzog :
Le pays où rêvent les fourmis vertes, exposant à travers une histoire particulière l'antagonisme entre deux cultures: celle "blanche",  vorace et autophagique qui structurellement s'oppose aux équilibres dynamiques de la Nature contre celle "noire" et autolimitatrice qui vit depuis des temps immémoriaux en symbiose avec toutes les autres espèces animales et végétales.

 Aujourd'hui l'écologie et la philosophie écologiste redécouvrent ce que ces hommes "savent" et en redécouvrant cela, nous apprenons à être de plus en plus modestes et à douter jusqu'à nos capacités d'explication, phénomène tout à fait dialectique qui fait que plus on sait, moins on a le sentiment de "savoir".

C'est pourquoi ces guillemets, car je pense parfois qu'il s'agit moins chez ces peuples d'un "savoir" au sens intellectuel que nous prêtons au mot que d'un savoir-vivre, lequel est caractérisé par une espèce de "science" immédiate, comparable dans le meilleur sens du terme à celui que possède toutes les autres espèces animales sauvages (nous sommes aussi des animaux, plus précisément des primates, plus précisément encore des grands singes...).

En fin de compte, que devons-nous savoir pour vivre? Une des réponses est : jamais oeuvre humaine ne dépassera ni même égalera "l'oeuvre", si le terme est permis (employons-le à titre de procédé littéraire), de centaines de  millions d'années d'évolution des espèces et des écosystèmes étroitement liés.

 Nous devons être humbles, apprendre à l'être toujours plus et apprendre à protéger, à respecter, à admirer, à servir la Nature (espèces et écosystèmes et non jardins à la française), oui à la servir et non plus à la piller, à l'exploiter, à la ruiner, à la détruire...

Il nous faut donc une nouvelle civilisation qui pour moi ne peut être que la société sans classes de la décroissance, tant populationnelle qu'économique, basée sur la plus haute démocratie et constituée d'individualités authentiques (hautement formées et qualifiées, cultivées, responsables). Une décroissance, donc, dans le sens de moins, mais mieux…

 BUT: Quelques centaines de millions d'humains à l’échelle mondiale. Combien exactement? A « calculer » en s'inspirant du passé, puis à voir empiriquement en fonction de la réalité...

Pourquoi la société sans classes?

Parce que le capitalisme est foncièrement incompatible avec la solution de la crise écologique.

A ce sujet, celui du capitalisme et non de ce type de société, je recommande fortement la lecture du livre de Michel Tarrier*...

Meilleures salutations, Michel Aymerich

*Un pavé dans la mare écologique! 
Un nouvel ouvrage de Michel TARRIER:

"2050, Sauve qui peut la terre!"

*Liens vers le texte dont il est question ci-dessus : Lire
& vers quelques autres réflexions sur le thème de "Ceux-qui-laissent" et de "Ceux-qui-prennent" : Lire


26. L'hypothèse Gaïa...
(Echange de mails)


From: michel aymerich

Sent: Friday, July 06, 2007 2:09 AM

Subject: L'hypothèse Gaïa...

 L'hypothèse Gaïa...

"De concert avec le célèbre biologiste Lynn Margulis, James Lovelock a conçu une hypothèse scientifique permettant de considérer que les systèmes vivants de la terre appartiennent à une même entité régulant l'environnement de manière à préserver les conditions favorables à la vie : tel est le sens de l'hypothèse Gaïa, nom Grec de la déesse de la terre. Il s'agit de reposer la problématique de l'histoire de la vie et de la terre. Notre "monde vivant", étonnante anomalie au regard de la planétologie comparée, ne foreme-t-il pas un système, un "tout" comparable à un organisme auto-régulé dont il nous resterait à comprendre ce que Lovelock appelle la "géophysiologie" ?

http://www.ecolo.org/lovelock/lovebiofr.htm


De:       "PALLIDA" <snaky25@orange.fr>

À:        "michel aymerich"

Objet:  Re: Guy

Date:    Fri, 6 Jul 2007 19:19:38 +0200

Bjr Michel et encore merci de vos courriers.

Il va sans dire que si vous souhaitez utiliser mes écrits, vous avez toute mon approbation mais je doute qu'avec mes lacunes dans de nombreux domaines ils ne vous soient d'un grand poids dans la balance... mais s'ils pouvaient seulement faire réfléchir quelques uns ou donner l'envie à d'autres de vouloir savoir... vous m'en verriez très heureux!

J'adhère totalement à l'hypothèse dont vous me parlez et en ce sens elle rejoint la vision que j'ai de la globalité du monde vivant.

La Vie est unique et si fragile! Depuis la fusion des 2 premières poussières d'étoiles après le BIG BANG...  l'Histoire s'est mise en marche... La nôtre viendrait beaucoup plus tard... poussières, fusion, gazs, magma, refroidissements, roches..., des millions d'années... et puis l'EAU... et le Miracle (au sens littéraire du terme) qui ne pouvait jamais se produire... et voilà la cellule, la Vie à l'unité...  Nous appellerons la suite  Evolution, dérive des plaques... puis assemblage et puis à nouveau le chaos... à plusieurs reprises... mais toujours la Vie qui s'accroche, qui se transfome, qui résiste, végétale ou animal, qu'importe, elle est là et malgré les pires cataclysmes, il faut compter avec. On est ici dans le Merveilleux!

D'une seule cellule, des milliers d'espèces vont se créer, des millions d'êtres vont se succéder dans une harmonie réglée par une loi fondamentale: la survie: "à tous prix"... mais sans l'intervention d'un être dit supérieur. Fatalisme? Non je dirai respect d'un tout!... et puis voilà une espèce a developpé ce que nous appellerons "Intelligence"... pure vanité!

Devions-nous apparaître dans ce monde du vivant pour anéantir, tranformer ce qui ne devait pas l'être ou seulement naturellement (atome, génétique etc...)? pour imposer notre dictat?

Est-il "normal" que cette planète avant de retourner au néant (puisque c'est la Loi cosmique) passe à une accélération de sa propre destruction du fait de la présence de cet apprenti-sorcier qu'est l'homme puisqu'il lui faut un nom de nomenclature... ou est-il logique, est prévu que cet être soit le moyen pour Gaïa de passer à une autre étape? La victime qui consciente du danger crée son propre bourreau.

Géophysiologie?
J'aime beaucoup.

Cordialement.

Guy


25. La femme avec le serpent
(commentaire d'une photo de paul Outerbridge)

Par Michel Aymerich

La femme et le serpent
Woman with Snake, 1938. Photo Paul Outerbridge

Ici, le serpent et la femme, avec l'arbre pour cadre naturel, représentent une unité fructueuse unifiant la procréation, la naissance, la mort et une nouvelle vie.  L'ophidien est porté tel un nouveau né par une femme aux traits et à l'expression franchement féminins qui l'observe - quelque peu soucieuse - avec une responsabilité maternelle. Ses écailles ventrales segmentées, ses anneaux formant un cercle et sa couleur noirâtre suggèrent les entrailles de la femme. La langue dardée nous rappelle qu'il s'agit bien d'un serpent. La partie terminale de son corps descend, longe les formes féminines  jusqu'à se confondre avec celles-ci en en épousant les contours et semble discrètement à la façon d'un long phallus vouloir aller rejoindre le vagin dans un acte prometteur de vie. Ici, point d'absurde phobie, point de diabolisation, point de consternant "péché",  point de contrition aussi autodestructrice que destructrice du vivant, mais une érotique nudité assumée sans complexes au Paradis constitué de la forêt et de ses habitants, et formant une totalité vitale aux parties interdépendantes...


24. Echange de mails sur le thème de l'effroyable surpopulation humaine
Réponse à un mail qui a servi de base au texte publié sur ce site: "Réflexions d'un autre type:
De la signification et des conséquences du massacre des serpents sur les hommes
" (Voir ci-dessous)

De : Jacques

À : michel aymerich

Envoyé le : Dimanche, 24 Juin 2007, 4h23mn 51s

Objet : Re: Introduction au Diaporama sur les serpents du Maroc

Je pense que dans les milieux naturalistes (j'en fait partie), il y a des gens qui, malheureusement, se satisfont souvent de leur petit fond de commerce (spécialiste de ceci ou de cela..) et dans les associations des "militants" qui se satisfont de leur petit rôle (responsable de ceci ou de cela)... Leur rafraîchir la mémoire - à eux aussi - concernant la surpopulation humaine ne peut pas faire de mal ! Vous avez bien fait de mettre les pieds dans le plat ...

Ceci dit, bravo pour votre combat marocain, vos observations de terrain et bravo pour votre site, vos prises de positions et vos infos... et bon courage pour la suite.

Jacques, membre de diverses organisations d'étude et de protection de la nature et quelque peu irrité par l'inertie de la plupart des défenseurs de la faune sauvage..

Original Message -----

From: michel aymerich  

Sent: Tuesday, June 26, 2007 2:25 AM

Subject: Tr : Introduction au Diaporama sur les serpents du Maroc

Merci de votre mail encourageant...

J'ai également fait partie pendant des années d'une association d'écologistes et fréquenté un certain nombre de naturalistes, comme j'ai également connu des militants qui pour beaucoup d'entre-eux correspondent exactement au portrait que vous en avez donné...

Bien sûr, il y a les autres, il y a toujours quelques exceptions, mais dans l'ensemble, hélas, je pense que vous avez raison!

C'est consternant... C'est aussi pourquoi j'écris comme je le fais et c'est aussi pourquoi Michel Tarrier écrit et intervient de manière multiple comme il le fait...

Merci de nous montrer que l'inertie constatée vous irrite également, surtout concernant cette question taboue de la surpopulation humaine.

Encore une fois, de tels mails comme le vôtre sont encourageants...

Meilleures salutations, Michel Aymerich

PALLIDA  a écrit :

De nouveau Guy, je regardais dernièrement une émission sur la population terrienne et d'éminentes personnalités affirmaient que vers 2050/2070 nous serions environ 10 milliards et que par un "automatisme de masse", cette population cesserait par-elle même de s'accroître du fait du manque d'approvisionnement en matières vitales (eau, nourriture, place...) et que même avec un diagnostic alarmant, l'humain trouverait manière de vivre dans l'adaptation qu'il aura fait de son milieu!. Il est évident que je me suis rangé du côté des "idiots".

C'est à hurler! Comment peut-on imaginer un instant (et sans avoir fait Sc.Po. etc...) léguer une planète "saine" (et ce n'est déjà plus le cas) avec le constat que nous pouvons en faire dès aujourd'hui!

Adaptation! Oui mais en quoi et COMMENT? Si elle est naturelle et s'inscrit dans l'ordre et le déroulement de la vie d'un milieu, rien à dire... mais puisqu'aujourd'hui adaptation passe par sciences (toutes ou presque) comment ces érudits peuvent penser que leurs sciences (souvent de l'inutile) pourront permettre au genre humain (le divin!) de continuer le massacre (à tous les niveaux) sans un jour se retourner contre lui!

C'est folie et prétention!... regardons simplement le mal engendré sur les cent dernières années. Quelle preuve faut-il de plus?

"Il n'est pire aveugle que celui qui... " et comme les aveugles sont la plupart du temps des décideurs, les producteurs, les législateurs... et les profiteurs!

Que peut-on dire à un malade que les médecins ne veulent pas réellement soigner QUAND CELA EST ENCORE POSSIBLE?

... qu'il faut attendre encore?... que ce n'est pas si grave?... jusqu'à l'acharnement thérapeutique?

OUI et APRES ??????

Il faut refuser de se contenter d'un: "Désolé, nous ne savions pas, nous n'avions pas prévu, nous sommes humains et donc faillibles, nous nous sommes trompés..."

Nous devons garder à l'esprit que nous n'aurons pas deux essais en ce domaine! Triste et effrayante constation!

Amicalement.

Guy


23. Réflexions d'un autre type : De la signification et des conséquences du massacre des serpents sur les hommes

"La loi de la majorité n'a rien à dire là ou la conscience doit se prononcer." ( Gandhi)

Par Michel AYMERICH

    Face à la profonde barbarie - il n'y a pas d'autre adjectif objectif - multiforme et omniprésente qui caractérise selon mes observations quotidiennes les "cultures" (beau mot pour caractériser d'insoutenables pratiques) dominantes et leur culte du machisme, du sexisme, du racisme, du spécisme (discrimination envers ceux qui sont sans plus de réflexion qualifiés d' "animaux" en opposition à l'Homme!) et de la violence structurelle qui en est la cause et le corollaire, l'envie me démangeait depuis longtemps de porter un coup moral aux tueurs de serpents (venimeux ou non).

Innocente couleuvre fer à cheval tuéeInnocente couleuvre fer à cheval tuée pendant sa digestion    Serpent inoffensif (couleuvre fer à cheval) tué au Maroc pendant la digestion d'un agame, dont les pattes lors du processus de décomposition du serpent ont traversé la peau de ce dernier.
©Photo Michel Aymerich

    C'est pourquoi j'ai décidé d'introduire un petit texte en guise d'introduction dans le diaporama de présentation des serpents du Maroc, visible sur ce site (voir lien ci-dessous)- une présentation rappelons-le qui n'avait jamais eu pour but en soi de montrer des images de serpents et de m'autosatisfaire de la présentation de toujours plus d'espèces de ce pays...

    L'attitude envers les serpents est pour moi une pierre de touche morale, logique et éthique, car ils représentent, notamment avec les araignées et les scorpions, les animaux mal aimés sans lesquels le respect authentique et conséquent de la Nature est impossible. Cette dernière ne peut en effet être privée d'une partie importante sinon essentielle de ses composantes, d'après les critères arbitraires habituels gouvernant les sociétés caractérisées par l'état d'agression contre la Nature commencé depuis le néolithique et devenu actuellement un état de guerre permanent contre celle-ci. [...]

 Cliquez-ici pour lire tout le texte.


Interview avec Bernard Werber

http://www.terre.tv/indexvod.php?case=1&ref=00030

Après avoir visionné cette interview qui dure quelques minutes, où le thème de la surpopulation humaine est abordé, vous pouvez également cliquer sur le lien du site www.terre.tv se trouvant en haut à gauche. Ensuite vous pouvez de nouveau cliquer sur un autre lien vers une seconde interview avec Bernard Werber (Pensées de terriens, Bernard Werber) tout aussi intéressante sinon plus encore que la première... Ce second lien se trouve sur la droite, parmi une série d'autres liens...

 Tous les commentaires sur ces deux interview sont les bienvenus. Ils pourraient même, éventuellement, être publiés sur le site du GEOS, lequel tente d'apporter sa pierre à l'édifice d'une nouvelle civilisation qui réconciliera la majorité de l'espèce humaine à laquelle nous appartenons avec les autres espèces (la Nature).


22. Une tribu indienne vierge de tout contact
avec les barbaries contemporaines

Tous les hommes n'ont pas été "exclus" du paradis

    Va t'on chercher à les « civiliser » (leur inculquer notre barbarie), les christianiser, les islamiser, les prolétariser, les complexer en matière de sexualité, leur faire croire qu'ils doivent cacher leur corps (car ce serait « honteux » d'être nu!),  leur inculquer un  prétendu « savoir » qui fasse d’eux des êtres ne sachant plus comment vivre, en faire des consommateurs avides de « biens » superficiels (et surtout aussi  inutiles que nuisibles chez eux et ailleurs), leur faire manger des tomates et autres fruits et légumes sans saveur produits sous serre, leur faire croire que parce qu'ils sont des hommes ils sont et doivent être par nature (sic !) en opposition avec les autres espèces et les écosystèmes (la Nature en général), en faire des pollueurs vivant au milieu de leurs déchets en plastique, leurs canettes en aluminium, leurs piles contenant du mercure, les emprisonner entre quatre murs avec fenêtre donnant sur d’autres murs, etc., bref, faut-il leur faire croire qu'ils ont commis le péché d'Adam et Eve et que pour cela ils doivent être exclus du paradis pour nous rejoindre emmurés dans notre enfer terrestre?

    Michel Aymerich

Mon, 4 Jun 2007 21:04:54 +0200

Cher Michel, je ne partage pas tes craintes, c'est à dire que je ne me fais aucune illusion!!

Dans notre monde de connards, cette tribu n'a continué de (sur)vivre justement QUE parce qu'elle n'était pas repérée

Elle l'est maintenant?

Adieu, donc....

Karim A.

Mon, 4 Jun 2007

Bien sûr que oui ! Et vite fait !

Au mieux il seront prostitués pour l'écovoyeurisme culturel et, MIRACLE, leurs objets seront commerce EQUITABLE...

Le temps de cet échange de messages et les plus jeunes arborent déjà des tee shirts fluos MacDo et Las Vegas.

Michel Tarrier

Mon, 4 Jun 2007 21:04:54 +0200

Ils ont eu le grand malheur de rencontrer des hommes appartenant à notre civilisation, celle du marche ou crève, détruits et fais des profits pour détruire encore plus et toujours.

Nous ne sommes même pas capable de laisser ce patrimoine humain, si merveilleux, tranquille et nous allons nous empresser de leur donner des Tee-shirts Coca cola et autres, qui vont les dénaturer à jamais.

Michel, nous faisons parti d’un monde inhumain, galvanisé par la bêtise et le « moi » !

Ne t’inquiètes pas, nous allons bientôt les voir à la télé avec leurs sauveurs, nous n’avons plus de femme à barbe à montrer dans nos cirques, nous avons mieux. Ce n’est pas la première fois que ce genre d’annonce me fait bondir, foutons leur la paix, pauvres hommes, ils n’avaient pas besoin de nous, non vraiment pas !

 Amicalement,

 Joël

Sat, 9 Jun 2007 19:24:20 +0200

Bjr, aucun commentaire à ajouter de ma part, vous avez écrit ce que je pense...
[...]

Guy (Pallida)

Une tribu indienne vierge de tout contact (juin 2007)

Enfants du Paradis
"La tribu Metyktire, qui n'a jamais eu de contact avec la civilisation occidentale, a été localisée par hasard dans la forêt amazonienne.
 Une tribu indienne qui n'avait jamais eu de contact formel avec la civilisation occidentale a été découverte dans une région reculée de l'Amazonie, ont annoncé les autorités fédérales brésiliennes, vendredi 1er juin.
    La tribu Metyktire, qui compte quelque 87 membres, a été découverte la semaine dernière dans une zone rendue difficile d'accès par la forêt dense et l'absence de rivières à proximité, à environ 2.000 kilomètres au nord-ouest de Rio de Janeiro, a déclaré Mario Moura, un porte-parole du Bureau fédéral indien.
    Un sous-groupe des Indiens Kayapo.
    Cette tribu est un sous-groupe des Indiens Kayapo et vit sur les 4,1 millions d'hectares que couvre la réserve indienne Menkregnoti, a-t-il précisé. Les Indiens Kayapo n'avaient pas eu de contact significatif avec les Metyktire jusqu'à l'apparition inattendue de deux Indiens Metyktire dans un village Kayapo la semaine dernière, a-t-il ajouté.
    "Nous ignorons la raison pour laquelle ils ont décidé de rentrer en contact maintenant... seul le temps le dira. C'est un processus très lent", a-t-il observé. Les tribus isolées sont généralement découvertes quand des bûcherons ou des cow-boys empiètent sur leurs territoires.
    Un mode de vie traditionnel respecté.
    Patrick Cunningham, du Groupe de soutien à la culture des peuples indigènes, basé à Londres, qui participe à une expédition dans cette région, a indiqué dans un e-mail que les membres de cette tribu parlent une ancienne version de la langue Kayapo et vivent nus. A l'image de nombreux membres moins intégrés des Indiens Kayapo, les hommes portent le pénis en fourreau et certains ont des plateaux dans la lèvre inférieure, a-t-il indiqué. Les femmes se rasent le haut de la tête.
    Environ 700.000 Indiens vivent au Brésil, la plupart en Amazonie. Quatre cent mille d'entre eux vivent dans des réserves où ils tentent de préserver leur culture, leur langue et leur mode de vie traditionnels. (AP)"

     A Propos du texte : 
    "AVIS DE TEMPÊTE A L'AUBE D'UNE
NOUVELL
E ERE
    Énergies fossiles et climat, réagissons!" [1]

   
Bidonville à Agadir...
©Photo Michel Aymerich

Remarques de Pierre RASMONT  

"L'explosion de la population humaine est un résultat de l'utilisation massive des ressources fossiles pour produire des engrais.  Selon ces spécialistes, sans intrants agricoles azotés, la population humaine "tenable" de la planète est d'environ 2 milliards d'habitants (au lieu de 6 milliards actuellement)." Extrait du texte ci-dessous...
 
   Salut à tous, Voici un texte intelligent.

    Grosso modo, il reprend à peu près tout ce que je dis à mes étudiants.


    Les infos techniques de son auteur sont à peu près correctes et c'est TRÈS RARE.


    Je diverge à propos du nucléaire. Les infos de l'auteur sont basées sur la seule filière actuelle (à neutrons lents). Il existe aussi la filière à neutrons rapide qui a les avantages

1) d'avoir un rendement nettement meilleur (10 à 100* meilleur);

2) de générer beaucoup moins de déchets (1% des déchets de la filière actuelle);

3) de consommer les déchets actuellement accumulés en guise de combustibles.


    Je diverge aussi sur l'Airbus A380 et sur les compagnies Low-cost.  Le premier est le fruit d'un pari intelligent sur le fait que toutes les compagnies aériennes seront en    faillite d'ici une dizaine d'années, tout au plus. Les seules qui subsisteront seront celles qui feront du transport intercontinental.  Leur concurrence sera avec le transport par bateaux.  Airbus 380 consomme un tiers de la consommation des meilleurs avions actuellement dispos.  Le bateau met 1 semaine pour faire Le Havre-New-York, avec un long manque à gagner et un coût d'hôtellerie énorme, l'avion une seule journée avec un manque à gagner réduit et aucun frais d'hôtellerie.


         En ce qui concerne les compagnies low-cost, elles sont DEJA le signe du déclin de l'aéronautique.  Elles se sont montées en rachetant tous les zincs d'occasion des compagnies en faillite, et en engageant des pilotes chômeurs (j'ai des copains qui ont été dans cette situation).  Elles ont tiré au maximum sur les normes de sécurité dans les contraintes d'entretien périodiques. Et elles se sont installées sur les aéroports marginaux de régions frappées par la récession économiques où les élus étaient à l'affût du moindre emploi nouveau.  Bref, les low-cost sont déjà en train de se repaître des cadavres de l'aéronautique.

    Mais pour le reste, le gars a presque tout bon.


    Je pense que l'auteur est aussi un peu trop optimiste sur un point.  L'épuisement des ressources pétrolières (à partir de 2008 selon les estimations les plus précises et up-to-date des milieux de l'investissement pétrolier) aura un corollaire que tout le monde oublie.  Sans INTRANT pétrolier, les rendements agricoles estimés vont chuter de 3 fois.  En Belgique, par exemple, le rendement actuel du froment est de 100 Q/ha.  Sans intrants pétroliers, ce rendement chutera aux environs de 30 Q/ha.  Le même calcul peut être fait pour à peu près toutes les cultures du monde.


    Par un autre calcul réalisé par les spécialistes en Azote (c'est une spécialité marginale pour moi), l'explosion de la population humaine est un résultat de l'utilisation massive des ressources fossiles pour produire des engrais.  Selon ces spécialistes, sans intrants agricoles azotés, la population humaine "tenable" de la planète est d'environ 2 milliards d'habitants (au lieu de 6 milliards actuellement).  Vous remarquerez que le ratio 2/6 établis de cette manière correspond à peu près au ratio 30/100 que je viens de vous présenter à propos du rendement du froment en Belgique. 

    Le Peak-Oil est prévu en 2008, le Peak-Coal vers 2050.  D'ici là, la population humaine mondiale devrait passer de 6 milliards d'hommes à 2 milliards d'hommes. 

    On peut grignoter quelques centaines de millions de rescapés ici et là, on peut tenter de gagner une ou deux décennies mais inexorablement, c'est vers ça qu'on va.  On peut aussi faire le calcul par d'autres voies mais on arrive toujours au même résultat.

    Cela fait froid dans le dos.


    A une échelle belgo-belge, le débat "sortie du nucléaire" est, au minimum dérisoire.  Prenons en compte qu'il faut 15 ans pour construire une centrale dont on connaît les plans, et probablement 30 ans pour une centrale pour une nouvelle filière (neutrons rapides, en l'occurrence).  Si les décisions prises MAINTENANT impliquent de se priver d'une telle nouvelle source d'énergie alternative, elles pourraient être simplement criminelles.


    A tout hasard,  je vous file aussi un petit texte d'anticipation sur la vie en 2043.  Il est très exagérément optimiste, à mon sens, mais il est juste sur de nombreux points.  Il est optimiste sur le fait suivant: en 2043, on ne se préoccupera plus des rejets intempestifs de CO2 mais bien de dégotter les moindres parcelles d'énergie disponibles.  Si notre civilisation est capable de supporter le choc, cela ressemblera un peu à ce  texte.  Si notre civilisation implose, alors, cela ressemblera à la Bosnie, à l'Irak ou au Darfour...


    Bye, Pierre

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Prof. Pierre Rasmont
Laboratoire de Zoologie
Université de Mons-Hainaut
Avenue Maistriau, 19
B-7000 Mons (Belgique)

 21/02/2007 Michel Aymerich a écrit :

    Bonjour Pierre,

    Je pense que tu voulais écrire 9 au lieu de 2 milliards!!!
"Le Peak-Oil est prévu en 2008, le Peak-Coal vers 2050. D'ici là, la population humaine mondiale devrait passer de 6 milliards d'hommes à 2 milliards d'hommes. "

    A propos, m'autorises-tu à publier ton mail dans le Forum de GEOS?

    Mes meilleures salutations, Michel Aymerich

Pierre Rasmont a écrit :

    Non,  je voulais bien dire 2 milliards d'homme vers 2100.


   Dès lors que la fabrication d'engrais dépend presque exclusivement des combustibles fossiles, au fur-et-à-mesure que ceux-ci vont s'épuiser, les rendements agricoles vont chuter.


    Sans engrais, grosso modo, la portance de la terre se balade aux environs de 2 milliards d'hommes, status quo ante l'invention des engrais azotés de synthèse.


    J'ai déjà tourné et retourné ce problème sans y trouver d'autre issue: de la même manière que la population humaine, dopée par les combustibles fossiles, est passée de 2 milliards à 6 durant la deuxième moitié du 20ème siècle, elle repassera inexorablement de 6 à 2 milliards d'hommes durant ce siècle.

    Le texte que tu nous a transmit contient cette idée sans oser l'exprimer. N'ayons pas peur des chiffres.


    Mais ceci éclaire le nucléaire et TOUTES les recherches sur les énergies alternatives SANS TABOU, d'un œil nouveau. Les erreurs d'orientation se solderont par des millions de morts.


    Dans ce sens, la position de la France est extraordinairement favorable par rapport à tous les autres pays d'Europe. Elle dispose d'un expérience considérable en énergie nucléaire et elle a un très gros staff de recherche et développement.


    Il reste qu'il NE FAUT PLUS CONSTRUIRE de centrales de la filière actuelle (dont le but premier, ne l'oublions pas, était de fournir le plutonium des bombes, l'électricité n'était qu'un by-product).


    IL faut investir EN MASSE dans le développement des centrales à neutron rapide qui génèrent 100 fois moins de déchets.

    Je te passe 2 PDF à ce sujet [1].

    Bien évidemment, IL FAUT développer les énergies alternatives, dont je ne vois d'ailleurs qu'une seule bien palpable: l'éolienne. Nos aïeux l'avaient bien compris, qui parsemaient les paysages de moulins à vent. Par contre, l'erreur est de connecter les éoliennes au réseau électrique. Il serait BIEN PLUS intéressant de construire les industries énergivores (engrais azotés, par exemple, production d'aluminium, autre exemple), DIRECTEMENT AU PIEDS d'un parc d'éoliennes. Ce qui supprimerait le problème du transport et de l'inclusion dans un réseau à demande permanente d'une énergie par essence intermittente. On passerait ainsi à une organisation industrielle par phase: y du vent, on produit; y en a pas, on manutentionne et on transporte.


    Le deuxième texte que j'ai transmis hier contient une idée intéressante: la nécessité d'investir MASSIVEMENT dans la recherche agronomique. Il n'y aura plus de pesticides, il faudra donc que des armadas de biologistes découvrent et utilisent les agents de lutte biologique. Et, lors des crises de pullulation, on réquisitionnera les habitants pour écraser les ravageurs dans les champs, comme cela a été le cas en 1937 en Belgique avec les doryphores.


    L'idée de cultiver le colza ou la canne-à-sucre pour produire des carburants est une HÉRÉSIE agronomique. Toutes les terres seront, comme par le passé, monopolisée pour la production vivrière.


    On continuera de produire du bois d'œuvre et à recueillir les houppiers et les taillis pour le bois de chauffage, comme par le passé. Mais cela ne fera qu'une fraction de l'énergie dispo.


    Pour résumer, je vois le paysage comme ça :

  • nucléaire neutrons rapides pour le réseau électrique
  • éoliennes pour la production industrielle
  • bois de chauffage
  • divers bricolages locaux à base d'hydroélecrique, géothermique, etc... sans jamais  transporter l'électricité
  • disparition TOTALE et rapide de l'aéronautique continentale (subsisteront les transports VIP intercontinentaux).
  • en ce qui concerne le transport de passagers continentaux, c'est l'autocar qui est le mieux placé plutôt que le train électrique, moins souple et plus énergivore.
  • à petite distances, c'est la BICYCLETTE qui fera la révolution.
    A titre indicatif, les pays scandinaves ont déjà pas mal intégré ces perspectives dans leur plans de développement.

    Bye, Pierre

Prof. Pierre Rasmont

Laboratoire de Zoologie

Université de Mons-Hainaut

Avenue Maistriau, 19

B-7000 Mons (Belgique)


[1] Deux documents PDF : Déchets nucléaires: quels scénarios de production? Par Benjamin DESSUS; Réacteurs à neutrons rapides. Par W. HANNUM, G. MARSH, G. STANFORD.

22/02/2007. Michel Aymerich a écrit :

    Bonjour Pierre,
    
    Merci pour ta réponse, mais la phrase ne contenait pas la date de 2100.


    " Le Peak-Oil est prévu en 2008, le Peak-Coal vers 2050.  D'ici là, la population humaine mondiale devrait passer de 6 milliards d'hommes à 2 milliards         d'hommes. "

    D'où une difficulté à bien l'interpréter...

    Toutefois, je réitère ma question: puis-je publier sur le site du GEOS dans la rubrique FORUM ton mail auquel j'ajouterai après quelques menues corrections ton second mail et les documents PDF joints?

    Je pense que tout échange d'idées et d'informations sur ce sujet méritent d'être portés à la connaissance du plus grand nombre...

    Amicalement, Michel

Pierre Rasmont a écrit :

         Salut,

J'ai du mal de dire si 2050 ou 2100 sont des moments clef.

Soyons logique, on peut assez facilement prévoir quand une denrée sera à sa production maximale (Peak Oil, Peak Coal).  Après ce moment, la courbe de demande décroche irrémédiablement de la courbe de demande.

On rentre alors en situation de pénurie.

C'est la pénurie de combustible fossile qui entraînera la décroissance de l'effectif de l'humanité.

La pénurie commencera vers 2008 (Peak Oil) mais, bien entendu, il y aura assez rapidement une reconversion vers le charbon, avec une grosse série de bouleversements stratégiques.

Le Peak Coal étant vers 2050, là, les choses vont s'empirer sérieusement puisqu'il n'y a plus d'alternative fossile.

En fait, je ne sais pas comment exprimer mon idée.  La régression de l'humanité va commencer très vite (2008) et, par une dynamique pénible, va retomber un de ces jours à 2 milliards.  La dynamique sera pénible dès 2008, elle deviendra très très pénible (atroce?) après 2050.

Donc, je réécris la phrase de cette manière, à la fois plus exacte et moins déterministe.

 Le Peak-Oil est prévu en 2008, le Peak-Coal vers 2050. Durant cet intervalle, la population humaine mondiale va commencer de décroître. A la fin de cette dynamique récessive (date non connue et non prévisible), elle devrait être passée de 6 milliards d'hommes à 2 milliards d'hommes.

Intéressant ce type d'échange. Merci d'avoir noté mon incohérence, ou plutôt, d'avoir perçu mon hésitation.