« Aimes les
animaux : Dieu leur a donné les rudiments de la pensée et
de la joie intacts.
Ne troubles pas leur joie, ne les tourmentes pas, ne les prives pas de
leur
bonheur, n'oeuvres pas contre l'intention de Dieu. »
Fyodor Dostoievsky
« Vous
ne serez jamais, et dans aucune circonstance, tout à fait
malheureux si vous
êtes bon envers les animaux. »
Victor Hugo
« Si un homme
aspire à une vie juste, il doit commencer par s'abstenir de
faire du mal aux
animaux. »
Léon Tolstoï
« L'Homme meurt, l'Animal périt.
»
Martin Heidegger
« L’animal ne possède
rien, sauf sa vie, que si souvent nous lui prenons. »
Marguerite Yourcenar
« La
question n'est pas : peuvent-ils raisonner ? Ni, peuvent-ils parler ?
Mais :
peuvent-ils souffrir ? »
Jeremy
Bentham
« Apprendre à un enfant à ne
pas marcher
sur une chenille est aussi précieux pour l'enfant que pour la
chenille.
»
Bradley Miller
« Vous mettez un bébé dans son
lit avec une pomme et un lapin.
S'il mange le lapin et joue avec la pomme, je vous achète une
nouvelle voiture.
»
Harvey Diamond
« L'homme est un animal qui a trahi, et
l'histoire est sa
sanction. »
Émil Cioran
« Je ne suis pas un écologiste qui
dit qu’une souris a
autant de responsabilité que moi, je suis un écologiste
qui dit que j’ai plus
de conscience que la souris et que je suis donc responsable aussi de la
souris.
»
Jean-Marie Pelt
« On me demande parfois : Pourquoi
dépensez-vous autant de
votre temps et d’argent à parler de la bonté des animaux
quand il y a tant de
cruauté faite aux hommes ? Je réponds : Je travaille
à ses racines. »
George T.
Angell
La
recension de citations à propos de la condition souffre-douleur
des
animaux, que l’on mange et que l’on ne mange pas, est
inépuisable, tant le
thème a inspiré les plus généreux et
lucides penseurs, dont les bouchers ne
sont que des sous-espèces de ceux-ci.
Comment
ne pas appeler à un mieux-être,
comment s’accommoder du pire, pour nous-même ainsi que pour tout
être ? Le
Principe de la Cruauté (Clément Rosset) est une
vérité certaine, mais l’élan
pour secourir, pour voler au secours, pour mettre un terme à une
douleur
innommable, injustifiée, relève du plus insensible des
hommes.
En
août 2006,
dans le district de Maoding de la province chinoise du Yunnan, 55 000
chiens
ont été liquidés en quelques jours et jusqu’au
dernier, par des méthodes
expéditives, sur ordre des autorités locales : adultes
assommés à coup de
gourdins, chiots pendus au bout d’une corde jusqu’à ce que mort
s’ensuive. Un
pareil massacre s’est poursuivi dans d’autres provinces de la Chine,
pour
endiguer la propagation de la rage. Vacciner les chiens aurait,
paraît-il,
coûté une centaine d’euros par dose. La Chine entretient
un rapport assez
ambigu avec ses chiens. À Pékin, au nom de
l’hygiène publique, la possession
d’un unique chien de compagnie est limitée à celle d’un
sujet de moins de 35 cm
de hauteur. L'enregistrement du compagnon coûte 500 euros,
auxquels s'ajoute
une taxe annuelle d’un montant similaire. Ces sommes, exorbitantes dans
le
contexte économique chinois, ne freinent pas la passion canine
de certains
Pékinois (pas les chiens, mais les habitants de Pékin !).
Mais paradoxalement,
les restaurants les plus huppés, notamment de Shanghai,
proposent des mets de
luxe à base de viande de chiens, lesquels sont notamment
appréciés par les
Chinois du Nord-Est, d’origine coréenne.

Chine... Chien
dépecé vivant!!!

Chine...
Selon
leur
médecine traditionnelle, la
viande de chien est jugée très fortifiante, et
recommandée pour les reins et la
peau. La soupe au chien figure ainsi sur la plupart des cartes des
restaurants
coréens. Si la préférence gastronomique va
à la viande de Saint-Bernard, plus
exactement croisés avec des bâtards locaux, c’est que leur
taille de molosse en
rend l’élevage rentable. Il existe ainsi des fermes canines
d’engraissement,
abritant plusieurs centaines de chiens, enfermés à
l’étroit dans des conditions
déplorables et attendant leur abattage. A l’intention de mes
anciens amis
maoïstes pour certains devenus anarcho-écologistes plus ou
moins ultras, surfant
sur le fil du rasoir entre les manifs pacifistes et l’activiste
vivifiant,
souvenons-nous des exterminations des chiens des années 1950,
puis aussi de
celle des passereaux, organisées par le Grand Timonier ! Dans
l’un de ses
innombrables délires et pour économiser la part des
récoltes picorée par la
gent ailée, Mao Tsé-Toung pensait qu’en empêchant
les oiseaux de se poser et de
dormir, ils s'effondreraient tôt ou tard d'épuisement. Il
avait donc ordonné
aux paysans d’arpenter la campagne, non seulement armés de
frondes et de fusils
à plombs, mais surtout de casseroles sur lesquelles ils
frappaient de toutes
leurs forces. Loin du maoïsme et du chien cuisiné,
argumenté par une campagne
de prophylaxie de la rage, le Maroc ordonne épisodiquement une
chasse ouverte
aux chiens errants, lors de chacune d’elle, plus de 10 000 toutous sont
au
mieux ramassés (il faut voir dans quelles conditions !) et
euthanasiés, au pire
empoisonnés sur place. Le vaccin antirabique coûte
l’équivalent de 3 euros. Pas
riche (?), le Royaume bénéficie d’innombrables soutiens
coopératifs sur
n’importe quel prétexte, sauf celui-là.
Hécatombes
plus contemporaines :
combien de bovins ont été abattues pour lutter contre la
maladie de la vache
folle, combien de poulets sont égorgés pour arrêter
la grippe aviaire, tous
massacres qui s’exécutent dans le plus grande aboulie convenue ?
On pouvait
aussi, lors de l’ouragan Katarina (et de bien d’autres), être
scandalisé de
voir comment les barques de sauvetage passaient devant des chiens
suppliants,
les ignorant et les abandonnant à la montée des eaux. On
ne peut alors que
songer à tous ces chiens démineurs et sauveteurs, qui ont
courageusement
rescapé tant et tant de vies humaines dans les avalanches et les
décombres des
séismes. Ainsi va la conscience humaine.
Pourrait-on
encore, aujourd’hui, lors
d’un cours de biologie scolaire, demander à nos enfants de
disséquer vivante
une grenouille clouée sur une planche ? Certainement pas,
certainement plus.
Bien des sociétés ne l’ont jamais fait, la nôtre
oui. Il est donc indéniable
qu’une prise de conscience globale est en marche, que des
progrès éthiques
s’affirment, avec une profonde remise en question à 360 º
de notre rapport au
Vivant, humanité comprise. On a comme l’impression de sortir
d’une ère barbare,
notamment initiée par l’avènement des
monothéismes, où nous foulions du pied
toutes les douleurs au nom de la domination. Le sexe féminin,
les autres races,
le monde animal et végétal, notre environnement, rien ne
valait la peine de
rien, sinon de soumettre, d’exploiter.


Etats-Unis (années
20)

On commence avec des animaux non humains,
on continue avec des humains infériorisés...
Cette loi
du plus fort est la
plus
ignoble des choses. Au nom d’habitudes, de traditions, mais aussi de
trop
nombreux lobbies du profit libéral et
invétéré, certains secteurs, certains
pays, traînent la patte. Et puis l’Église s’accroche, des
intégrismes de toutes
confessions se dressent, mais rassurons-nous, ce ne sont que d’ultimes
soubresauts qui stigmatisent la mort de l’immonde intolérance,
de
l’impardonnable indifférence. Il ne faut pas cesser les coups
d’état citoyens
pour vaincre les tortionnaires, qu’ils soient banquiers ou religieux.
Alors,
d’ici quelques décennies, lorsque notre civilisation sera
vraiment au bout du
rouleau, lorsqu’il ne sera même plus question de passer le
flambeau, lorsque
toutes les ressources seront taries et que la vie ne sera que conflits,
le
monde sera juste et bon ! Il est de coutume d’entendre les hommes se
lamenter
en affirmant qu’ils aimeraient faire marche arrière – comme on
fait en dansant
le tango - pour recommencer autrement. La formule vaut pour
l’humanité et son
transit terrestre. Le bandonéon s’éteint, l’erreur est
humaine, l’erreur était
la règle de l’homme.
En
matière de pratiques
envers le monde animal, de plus en plus de législations veillent
à corriger le
tir en poursuivant ce qui semble reprochable. Chaque fois, pour en
arriver là,
pour mentaliser les décideurs, une frange rebelle et «
utopique » de l’opinion
publique a du désobéir, prendre certains risques pour
contrer les attitudes
conservatrices, réactionnaires, conventionnelles, dogmatiques.
La désobéissance
seule engendre de nouvelles lois. La majorité endormie aime que
l’on qualifie
de terroristes, d’extrémistes, de marginaux, de vauriens les
résistants
anti-conformistes qui montrent le chemin. Le temps qu’on s’y habitue,
que l’on négocie
et qu’on les enveloppe dans un fait divers, à la page
délinquance. Peu
importe.
En
Catalogne, quatorze villes se sont proclamées anti-corrida, la
Grande-Bretagne a aboli la chasse à courre, le Tadjikistan a
interdit les
combats de coq, etc. L’alibi principal de ce revirement repose sur
l’éducation
des jeunes générations. Que peut-on espérer d’un
futur adulte élevé dans une
culture sanguinaire, toute fondée sur l’avilissement du plus
faible ? Si l’on
accuse parfois l’islam d’une certaine tendance à la
cruauté, n’y a-t-il pas une
résonance avec le décor quotidien des carcasses animales
partout suspendues
dans les marchés, avec cette façon de transporter le doux
agneau sans le
moindre égard, d’égorger la brebis comme s’il s’agissait
d’un rite cynique pour
être un homme, un vrai, et pas une femme ou une « tapette
» !? Le couteau dans
le rouge est glorieusement affiché dès l’âge des
crayons de couleurs. Drôle
d’initiation au respect et à la commisération que
l’univers des rangées de
chèvres et de moutons pendus, écorchés vifs,
ponctuant « familièrement » le
chemin des écoliers musulmans. Quant aux chrétiens qui
tuent leur cochon dans
l’ambiance bon enfant de fêtes bucoliques, c’est tout aussi
monstrueux. Il y a
urgence à démythifier ces imbéciles rituels des
terroirs qui ne correspondent
qu’à des abominations, honteusement banalisés dans les
inconsciences régionales
collectives. Il est grand temps de ne plus considérer toutes les
traditions
comme respectables par ce qu’elles sont des traditions. En encourageant
publiquement la cruauté, on pervertit la mentalité de la
jeunesse. Et qu’on ne
nous parle pas d’hypocrisie ! Bien sûr qu’on ne veut pas la voir,
la tête
morte, aux yeux exorbités, de la vache qui doit finir en steak
tartare dans nos
assiettes. Affaire de pudeur. Ceux qui argumentent ainsi copulent-ils
sous les
yeux de leurs progénitures ? La pudeur est aussi une conduite de
vie. Le
massacre animal, l’exhibition publique de carcasses de viande morte,
c’est
aussi et surtout de la pornographie bien-pensante.

Maroc...

Maroc...
« Les aliments sont les
lettres d’un alphabet dont on écrit des chants de guerre ou des
chants de paix
! »
G. Dupuy
Michel
TARRIER
Extrait de "L’homme
contre-nature"
Essai (À
paraître).