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Révolution verte ou rhétorique vide?

- FAIRE DES ENFANTS TUE, Surpopulation : la vraie vérité qui dérange.
Le nouveau livre de Michel TARRIER et de Daisy TARRIER

- Ce que donne à penser notre incapacité à une révolution verte autre que purement rhétorique.
Par Michel TARRIER

- L'évolution de la conscience correspond à un temps psychologique et non physique. Par Patrice ALBERT

- Nous sommes déjà trop nombreux et ce sera bien de survie dont il s'agira.
Par Jean-François.

- Ce n'est pas la réduction de notre consommation ou des différents rejets néfastes  qu'il faut diminuer, mais bien le nombre d'habitants au km²
Par Chris MALLEMORT


Ce que donne à penser notre incapacité à une révolution verte autre que purement rhétorique


Par Michel TARRIER

Le plus affligeant n'est pas de constater l'érosion de l’inestimable capital naturel que nous avions reçu en legs, mais d'en diagnostiquer le caractère imparable du processus écocidaire.

Les préjudices sont déjà palpables puisque la Terre n’est pas rechargeable et que les ressources se tarissent. L’essentiel des ressources terrestres nous a désormais été crédité. Il ne sera guère possible de vivre débiteur de la Terre et toute assurance-survie confine à l’utopie. Ce qui angoisse tout autant les éco- que les égoconscients, tous prochainement conviés à une existence qui tiendra plus du parcours du combattant que du nirvana.

Les plus optimistes, ou ceux qui ont tout intérêt à se montrer ainsi, prédisent que le pic pétrolier surviendrait vers 2030. D’autres avancent la date de 2010. C’est la croissance économique de l’Inde et de la Chine qui incite à avancer une date si proche. Ce pic pétrolier est une analogie à la règle du pic de Hubbert relatif à l’exploitation de toute ressource primaire. Il désigne le maximum de production prévisible, après quoi l’exploitation ne fera que décroître et les prix n’auront de cesse d’augmenter. Nos infrastructures et nos modes de vie ne sont nullement préparés pour l’après pic pétrolier, toutes les solutions alternatives restent anecdotiques. Il conviendrait, pour faire face, d’un si grand réajustement notre comportement qu’il est totalement utopique. La production agricole s’effondrera en raison de la pénurie d’engrais dépendant de la pétrochimie, les transports seront aux prises de coûts exorbitants, l’essentiel de nos modes de vie sera hypothéqué. Bien avant 2050 !

Inutile donc de montrer patte blanche, le mal est fait. Les actuelles gesticulations, quand elles ne sont pas pure mauvaise foi, ne concourent qu’à faire amende honorable en gérant un incontournable déclin.

Nous ne changerons plus notre morale de gouvernance, il est d’ailleurs bien tard. Le prêt à penser de nos religions monothéistes et nos mauvais choix de société ont eu raison de la Terre nourricière.

Continuons donc à baptiser le matin, et dans l’épectase la plus cocardière, un lancement d’Airbus chaque fois plus générateur de dommages collatéraux pour la biosphère (une tonne est la quantité de CO2 émise par chacun des passagers d’un aller-retour Paris-New York en Airbus 380), et à déclamer sur l’effet de serre dans un symposium faux-semblant du soir. Ce n’est ici qu’un simple et prosaïque exemple de la schizophrénie médiatisée devenue monnaie courante.

L’oligarchie se rie de nos inquiétudes et nos « camarades prospères » se croient malins, avec leurs signes extérieurs de confort et leurs quelques longueurs d’avances bancaires. Blindé par les sbires d’un service d’ordre de mieux en mieux récompensé, le pouvoir occidental se saignera encore de quelques compassions face aux foules d’évacués des contrées rendues exsangues et qui viendront naïvement frapper à la porte de notre Titanic. Pour toute réponse à leur désespoir (« Je préfère mourir en Europe que de vivre en Afrique », nous n’aurons d’autre alternative que de les refouler, avec quelques envolées diplomatiquement correctes. Ce seront bientôt les dernières, l’Occident re-sortira alors ses armes contre l’accostage clandestin des pirogues, mais cette fois, ce ne sera pas pour coloniser et christianiser.

Ce qui est pris n’est plus à prendre. Le mal est fait et tout pronostic d’avenir ne vise qu’à gérer les préjudices.

La langue de bois et l'omerta ne sont même plus de mises si l'on veut gagner du temps, quelques siècles au plus. Navrés, nous n'avons plus le luxe de ménager les susceptibilités.

Le mal est fait, sombre est l’avenir.

Michel TARRIER


Ci-dessous, choix de quelques mails envoyés en réaction au texte de Michel Tarrier sur le site suivant:
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1402_certitude_vie_invivable.php#com

Les titres sont de la rédaction (Webmaster)


L'évolution de la conscience correspond à un temps psychologique et non physique

Patrice ALBERT à Marseille - 04/11/2007, 11:24

M. Tarrier, après n'avoir vu que des mesurettes dans le Grenelle, nous garantit l'apocalypse assurée, comme d'autres vous garantissent les pièces et la main d'oeuvre ...
Le pire est donc assuré . Ouf ! On a eu peur, avec tous ces faux-culs qui se mettent à parler écologie et développement durable ... dans la foulée du Grenelle . C'est sur, dixit Tarrier, "on ne changera pas notre moral de gouvernance, le mal est fait" . Il a raison sur une chose essentielle dans ce discours : Tout ce joue pour le principal dans l'esprit. Quand l'esprit est prêt, tout est prêt. Mais précisément, c'est sur ce terrain que les choses bougent, contrairement à ce qu'affirme Tarrier ; L'évolution de conscience, la prise de conscience sont des phénomènes qui ne font pas vraiment partie de son paradigme, et qui sont portant bien réels. La difficulté pour les appréhender, s'est qu'ils correspondent à un temps psychologique et non physique.

Qui dans le milieu des années 80, aurait pronostiqué quelques années plus tard l'écroulement du mur de Berlin et la fin du système communiste ? Pas grand monde ...

A son insu, l'auteur nous donne des raisons d'espérer ; mais la partie est loin d'etre gagnée, ne nous endormons surtout pas .

C'est vrai sur le long terme, on sera tous morts. La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible ... Vous êtes prévenus.


De la rhétorique de la révolution verte à la révolution des consciences, prélude à la révolution écologique

Michel Aymerich, Maroc - 04/11/2007, 14:30

Je considère le commentaire critique de Patrice Albert comme l'un des plus originaux et les plus intéressants (des commentaires), celui qui PERMET le mieux d’être en condition psychologique d’œuvrer à CHANGER radicalement les choses. [Note: Je fais référence uniquement à son idée du temps psychologique... ]

Autrement, à quoi bon écrire, analyser, alarmer si TOUT est trop tard? Ce n'est pas logique. N'alarment que ceux qui veulent avertir d'un danger, pas ceux qui disent : "Il a le cancer, il a un cancer mortel, il est en train de mourir, c'est un mort vivant..."

Si l'on dit "tout est trop tard", on finit par blaser et ENCOURAGER le je-m'en-foutisme encore trop répandu, bien qu'en déclin.

Ce qu'il faut, c'est alarmer, détruire les illusions qui retardent la prise de conscience, COMME le fait Michel Tarrier, TOUT EN montrant, au moins grossièrement, les pistes de sortie, ce à quoi nous invite implicitement le commentaire de M Albert.

Il faut indiquer à chacun quelle peut être SA contribution, montrer comment il peut aider d'autres à changer leurs plus que mauvaises habitudes. Et sur ce point montrer que la solution est authentiquement radicale et globale (bien au-delà de ce qui est habituellement préconisé), mais que passant par une prise de conscience, tout pas en avant est bon à prendre, à condition de ne pas être pris comme une solution définitive et (auto)satisfaisante, mais bel et bien comme un pas, un seul petit pas, auxquels doivent succéder de nombreux autres pas, de grands pas qui DOIVENT MUTER RAPIDEMENT, très rapidement, le plus rapidement possible en une course effrénée vers la résolution de la crise.

Sinon, qu'est-ce que ce vocabulaire sur la nécessaire "révolution écologique"? Qu'est-ce en général qu'une révolution?

Lorsqu'on accepte l'idée d'une révolution, c'est :
1) qu'on accepte la nécessité d'une rupture qualitative avec ce qui précède.
2) qu'on a ENCORE suffisamment d'optimisme, fut-il nourri de l'énergie d'un grand désespoir, pour VOULOIR agir.

Je rappelle que Daniel Quinn dit quelque chose de semblable à M Albert lorsqu'il parle de la possibilité d'un changement accéléré des consciences aux différents niveaux sociaux de la société. On peut se disputer sur la question du sujet de l'histoire, mais il semblerait qu'en matière d'écologie la conscience se développe chez des individus de toutes les classes et couches sociales et non pas d'abord au sein d'une seule et unique classe.

Voir l’interview avec Daniel Quinn :

En ce sens, il semblerait qu'on ait devant nous une situation DIFFERENTE de celle du Titanic. Dans celui-ci les riches pouvaient en partie se sauver dans des barques, abandonnant les plus pauvres à leur triste sort, conformément à la division de la société en classes.

Dans le cas de la crise écologique (réchauffement climatique et accélération de la disparition massive des espèces...), il n'y a pas de barques menant vers un quelconque continent. La situation est tout autre, toutes les espèces sont menacées , dont la notre, et cela commence à être compris. Il faut aider à accélérer le processus de prise de conscience et... agir. Vite!

Il faut lire le livre de Michel Tarrier, "2050, Sauve qui peut la terre". C’est un constat sans illusions de l’état dans lequel nous, c’est-à-dire nous les hommes des sociétés de "Ceux-qui-prennent"[1], avons mené la planète. Un état au bord du gouffre ! Mais dans ce livre, il y a quelques solutions proposées. Il faut commencer à se disputer sur le diagnostic des causes et surtout sur les solutions nécessaires.

[1] Il faut toutefois souligner que bien que tous nourris aux mêmes sources religieuses, protoreligieuses ou postreligeuses - lesquelles ont pour dénominateur commun l'anthropocentrisme -  les femmes et les hommes de ces sociétés ne portent pas une responsabilité identique. Il y a les victimes immédiates et celles et ceux qui en profitent. Pour combien de temps encore?

Nous sommes déjà trop nombreux et ce sera bien de survie dont il s'agira.

Jean-François. Meaux - 04/11/2007, 17:09

Mais Aymerich, à quoi bon ?

Le dernier rapport de L'ONU (GEO4) indique, entre autre, que l'empreinte humaine est aujourd'hui, pour 6 milliards de terriens, de 21.9 hectares par personne alors que notre terre n'en offre que 15.7 !!!

Alors imagine, avec 9 milliards d'âmes et les températures qui se profilent à l'horizon , ce n'est pas notre mode de vie qu'il faudrait revoir mais notre défense nationale car sous peu une très grande famine sonnera à notre porte.

Selon moi la prise de conscience n'est plus celle que tu décris, c'est trop tard.

Si une prise de conscience doit aboutir elle n'est plus internationale mais nationale ou continentale.

La survie sera localisée, elle résidera dans la capacité du groupe à s'établir dans une région encore viable, ou ce dernier vivra en totale autonomie sans nécessité d'apport extérieur, le temps de laisser la nature reprendre son cours et au monde de retrouver un équilibre.

Bon ce sera long et pénible, surtout avec quelques degrés en plus et des millions de réfugiés climatiques.

C'est bien plus triste à imaginer que ce dont tu parles mais a-t-on réellement encore le choix ?

Tu sais, quand ils seront au bord du gouffre les Etats qui gouvernent le "monde riche", le notre, celui qui est à l'origine même de cette situation, se serviront de l'écologie pour en faire une dictature afin de conserver leur pouvoir et ça ne sera pas drôle non plus, mais il vaudra mieux en faire partie.

C''est une vision très égoïste et très noire de notre futur proche car elle part du principe que tout est déjà joué d'avance, mais je pense que c'est le cas, nous sommes déjà trop nombreux et ce sera bien de survie dont il s'agira.

Ce n'est pas la réduction de notre consommation ou des différents rejets néfastes  qu'il faut diminuer, mais bien le nombre d'habitants au km²

Chris mallemort - 07/11/2007, 12:44

Salut les humains,

Alors alarmiste, utopique, optimiste,

Qu'est ce que cela change, on va tous couler avec le même bateau.

Mais n'ayons crainte, d'ici là, on pourra acheter plein de beaux produits écolo, pour finir de vider nos comptes en banque et allourdir un peu plus le bateau afin qu'il sombre plus rapidement.

J'aime ma planète et son éco-systéme, si on lui veut du bien c'est pas la réduction de notre consommation ou des différents rejets néfastes pour elle qu'il faut diminuer, mais bien le nombre d'habitants au km².

Triste constat que dans arriver la, mais j'ai beau tourner le problème dans tout les sens, je vois pas d'autre alternative. Je lis de ci de là, oui la solidarité va nous sauver, oui l'amour de la vie va reprendre le dessus. Je ni crois pas, car se qui rend une chose précieuse c'est sa rareté, et si l'humain a perdu ce sentiment envers la vie c'est qu'il ne fera plus rien maintenant.

Loin de moi de penser à une "SOLUTION" pour résoudre ce problème, mais vu l'évolution des choses il est à parier que la Nature va se charger de nous rappeller les priorités, sans blabla, sans faux semblant, comme j'aime quoi!

Ma seule crainte, c'est qu'une fois de plus les peuples les plus respectueux de la vie risquent de trinquer les premiers.....

Désolé pour les fautes d'ortho, pas le temps de relire, j'vais profiter de la caresse du temps avant qu'elle se transforme en grosse baf dans nos gueules de con d'humain.......

Il faut briser la dictature du TABOU concernant notre droit usurpé à procréer sans fin et de manière purement criminelle...

Michel Aymerich, Maroc - 09/11/2007, 14:44

''L'homme est un animal qui a trahi, et l'histoire est sa sanction" (Cioran)

L'alternative devrait consister à encourager systématiquement et universellement le respect multiforme pour la vie dite animale avec toutes les conséquences en matière d'économie, d'organisation sociale (dont celle de la famille!!!), d'architecture, d'éthique, etc.

Concernant la famille, cela devrait signifier encourager systématiquement les couples à n'avoir qu'un seul enfant (et sur ce point au moins la Chine nous montre un exemple), voir dans bien des cas aucun!

Le BUT étant de NOUS autolimiter en réduisant drastiquement notre pression devenue intolérable sur la planète (la planète étant toutes les espèces DONT LA NÔTRE). Nous devons nous fixer d'atteindre d'ici disons une centaine d'années le chiffre total de moins d'un milliard d'habitants, puis de parvenir à l'objectif de moins encore. Je le sais cette mesure surréaliste à elle seule ne serait même pas suffisante, mais il s'agit de poser le principe et de le populariser en brisant la dictature du TABOU concernant notre droit usurpé à procréer sans fin et de manière purement criminelle...

Schéma représentant l'explosion démographique de l'humanité
Schéma représentant la progression puis l'explosion démographique de l'humanité.
Déjà une progression continuelle est en soi le signe d'une rupture avec l'équilibre existant. Peut-être, notre espèce va t'elle devoir disparaître alors même que déjà beaucoup d'entre-nous ont très chèrement payé (
oppressions, guerres, génocides, etc ) et avec nous quantités d'autres espèces la trahison de notre animalité...

Il s'agit de secouer les cerveaux englués par une habitude d'absence de pensée et de réflexion qui font des humains des "cultures" concernées les représentant de la sous-espèce humanoïde la plus crétine qui soit!

Vous êtes-vous posé la question? Combien étions-nous il y a 100 ans, 500 ans, 1000 ans, 2000 ans, etc. ?

Eh bien, il y a 2000 ans, nous étions devenus entre 170 et 400 millions d’habitants (ce qui n’est pas rien et doit êtes comparé aux quelques 5 à 10 millions que nous étions 10.000 ans plus tôt !). Il y a 1000 ans, nous étions entre 254 et 345 millions, il y a 500 ans entre 425 et 540 millions, il y a 100 ans, nous étions déjà 1,750 milliard, actuellement nous dépassons les 6, 700 milliards et allons vers 2050 dépasser les 9 milliards !!! N’est-ce pas absurde et CRIMINEL ? Vous êtes vous posé la question suivante: pourrait-il y avoir sur la terre 200 millions de gorilles ou 200 millions de chimpanzés ou 200 millions de lions ou 200 millions de loups?

En un très court laps de temps biologique, nous avons (cela s’est encore aggravé depuis un siècle) marginalisé ou éliminé physiquement quantités d'espèces, ainsi que quantités de cultures de chasseurs-cueilleurs - et nous continuons ! - au point de parvenir aujourd'hui à un état invivable pour une grande partie de l'humanité et bientôt pour la totalité.

Nous avons à ce point usurpé notre prééminence, basée bien plus sur la force brutale que sur l'intelligence, que celle-ci se retourne contre nous-mêmes.

Après l'esclavage massif des Noirs d'Afrique, l'extermination des Indiens, le génocide des Tasmaniens, le génocide des Arméniens, Auschwitz aurait dû nous démontrer définitivement que nous avions fait fausse route et que l'indécent prix payé ne pouvait en aucun cas justifier la poursuite en avant du cours criminel de notre histoire.

Mais nous n'avons rien appris pour l'essentiel et continuons à dévaster et dévaster, nous bernant d'illusions naïves sur les recettes techniques et fuyant lâchement les conclusions à tirer de ce bilan globalement (très) négatif.

On entend parfois l’affirmation absurde selon laquelle nous serions des prédateurs, des êtres situés au sommet de l’échelle biologique. Non ! Nous sommes devenus (nous les hommes et les femmes des cultures issues de l’agriculture totalitaire, pas les peuples vivant au sein de la Nature) de nuisibles "terminators" (exterminateurs). Nous ne sommes plus depuis longtemps des prédateurs (garants de la santé des écosystèmes comme le sont, par exemple, les lions). Ce dont nous avons besoin, c’est d’une révolution intellectuelle qui précèdera et accompagnera la révolution écologique mondiale laquelle se devra d’inverser ce cours destructeur et suicidaire.

"L'idée d'un progrès de l'espèce humaine à travers l'histoire est inséparable de celle d'un mouvement dans un temps homogène et vide. La critique de cette dernière idée doit servir de fondement à la critique de l'idée de progrès en général." (Walter Benjamin, Sur le concept d'histoire)

Plus de réactions à l'article de Michel TARRIER sur le site suivant :
FAIRE DES ENFANTS TUE
  Surpopulation : la vraie vérité qui dérange.

Couverture du livre

EDITIONS DU TEMPS

« L’autre jour, dans un supermarché, un vieil homme bougon invectivait une jeune femme effrayée par ses propos : « Vous n’avez pas honte, Madame ? Avec des gens comme vous, nous serions déjà 25 milliards sur cette pauvre Terre ! ». Elle poussait un cadi chargé de victuailles, elle tirait un landau dans lequel braillaient des jumeaux, un garçonnet de 3 ou 4 ans s’accrochait à ses jupes et… elle était enceinte.
(…)
Nous feignons d’ignorer la finitude d’un Monde dans laquelle notre multitude puise allègrement et sans relâche. Nous n’avons nul besoin d’une descendance qui ne recevra en héritage que des lambeaux et des restes.
(…)
Il n’y a qu’une raison légitime de ne pas avoir d’enfant, c’est de ne pas surpeupler davantage la seule planète dont nous disposions. Si on aime les enfants, il ne faut pas en faire. »

Faire des enfants tue, tue la planète.

Homo sapiens est la pire espèce invasive.

Notre monde est passé de 250 millions à quasiment 6,7 milliards d’habitants depuis l’an 1 de l’ère chrétienne. En augmentant de 4 milliards, la population planétaire a triplé depuis 1950.

Stop, ou encore ?

Nous avons toutes les preuves que la planète ne pourra pas nourrir 9 milliards de terriens en 2050 ou 17 milliards en 2100. Nous feignons d’ignorer la finitude d’un monde dans laquelle notre multitude puise allègrement et sans relâche.

Il faut quelque chose de plus qu’un couple pour faire un enfant, il faut au moins une planète viable. Posséder une famille nombreuse n’est-il pas un délit environnemental, une grave atteinte à la planète et à l’avenir commun ?

Pour un ami de la Terre, toute abstinence à la procréation humaine, toute pénurie des naissances sont reçues comme de bonnes nouvelles.

Sans peur ni reproche du métissage, le renouvellement des générations des pays développés devra se faire par les immigrants.

Contrairement à toute logique, la décroissance démographique reste un problème épineux, un énorme tabou qui n’ose pas dire son nom, un scandale qui provoque tous les courroux ! Suggérer de modérer la démographie d’un monde en proie à la surpopulation semble relever de l’outrage, de l’infamie, tant le thème appartient à la langue de bois.
Si vous estimez que nous n’avons aucune responsabilité ni vis-à-vis des 11 millions d’enfants qui meurent chaque année avant d’atteindre leur cinquième anniversaire, ni à l’endroit des espèces végétales et animales qui disparaissent à la vitesse grand V, que notre reproduction n’est pas excessive ou en tout cas acquittée de telles accusations, alors oui, faites encore et encore des enfants. Mais faites vite !

Quelques générations vouées à seulement un enfant par femme, voire assurer un soutien financier aux couples qui n’enfanteraient pas, serait cependant le programme d’une politique courageuse et écoconsciente.

La survie de l’humanité dépend du possible, et non de l’impossible.

L’impossible, c’est une meilleure gestion et répartition des ressources. On a tout essayé depuis des lustres et même la morale égalitaire professée par les grands livres n’a pas donné les résultats escomptés.

Le possible pour cultiver les futurs, c’est d’encourager une mondialisation de la dénatalité.

Faire des enfants tue, tue la Planète.

Vivre moins nombreux pour que tout le monde puisse tout simplement vivre. Tout pacte écologique devrait sous-tendre l’idée d’un pacte antinataliste.
Les auteurs

Michel Tarrier et sa fille Daisy

Michel Tarrier est un écologue connu pour sa radicalité et qui ne fait pas de cadeau aux congénères de son espèce.

Naturaliste dès sa plus jeune enfance, ce n’est qu’après une carrière d’écologue prospectif et descriptif qu’il devint écologiste prescriptif et activiste, puis essayiste spécialisé en philosophie environnementale, doté d’un style particulièrement lâché contre une société qu’il estime mettre la destruction avant la conservation, les profits avant les vies…

Son avant-dernier livre chez le même éditeur 2050, Sauve qui peut la Terre !, abordait sans complaisance la déconstruction de la biosphère, induisant à l’échelon planétaire une inéluctable faillite environnementale, très prochainement responsable d’une vie invivable. On a fait plus de dégâts en un demi siècle que depuis que l’homme existe sur la Terre.

Cet immense pataquès biologique, notamment fomenté par l’anthropocentrisme, a pour corollaire la surpopulation. En nous proposant maintenant Faire des enfants tue…, un éloge de la dénatalité, Michel Tarrier est conscient d’aller à contre-courant de la pensée unique nataliste, met l’heureux évènement en débat et nous explique pourquoi la bombe démographique est pour la biosphère la pire arme de dissuasion massive.

Comme personne n’est parfait, Michel Tarrier est le père de deux filles…

L’une d’elle, Daisy Tarrier, professionnellement impliquée dans des actions de protection de l’environnement, co-signe cet ouvrage.


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