Le plus affligeant
n'est pas de constater l'érosion de l’inestimable capital
naturel que nous
avions reçu en legs, mais d'en diagnostiquer le caractère
imparable du
processus écocidaire.
Les préjudices
sont
déjà palpables puisque la Terre n’est pas rechargeable et
que les ressources se
tarissent. L’essentiel des ressources terrestres nous a
désormais été crédité.
Il ne sera guère possible de vivre débiteur de la Terre
et toute
assurance-survie confine à l’utopie. Ce qui angoisse tout autant
les éco- que
les égoconscients, tous prochainement conviés à
une existence qui tiendra plus
du parcours du combattant que du nirvana.
Les plus optimistes, ou
ceux qui ont tout intérêt à se montrer ainsi,
prédisent que le pic pétrolier
surviendrait vers 2030. D’autres avancent la date de 2010. C’est la
croissance
économique de l’Inde et de la Chine qui incite à avancer
une date si proche. Ce
pic pétrolier est une analogie à la règle du pic
de Hubbert relatif à
l’exploitation de toute ressource primaire. Il désigne le
maximum de production
prévisible, après quoi l’exploitation ne fera que
décroître et les prix
n’auront de cesse d’augmenter. Nos infrastructures et nos modes de vie
ne sont
nullement préparés pour l’après pic
pétrolier, toutes les solutions
alternatives restent anecdotiques. Il conviendrait, pour faire face,
d’un si
grand réajustement notre comportement qu’il est totalement
utopique. La
production agricole s’effondrera en raison de la pénurie
d’engrais dépendant de
la pétrochimie, les transports seront aux prises de coûts
exorbitants,
l’essentiel de nos modes de vie sera hypothéqué. Bien
avant 2050 !
Inutile donc de montrer
patte blanche, le mal est fait. Les actuelles gesticulations, quand
elles ne
sont pas pure mauvaise foi, ne concourent qu’à faire amende
honorable en gérant
un incontournable déclin.
Nous ne changerons plus
notre morale de gouvernance, il est d’ailleurs bien tard. Le prêt
à penser de
nos religions monothéistes et nos mauvais choix de
société ont eu raison de la
Terre nourricière.
Continuons donc
à
baptiser le matin, et dans l’épectase la plus cocardière,
un lancement d’Airbus
chaque fois plus générateur de dommages
collatéraux pour la biosphère (une
tonne est la quantité de CO2 émise par chacun des
passagers d’un aller-retour
Paris-New York en Airbus 380), et à déclamer sur l’effet
de serre dans un
symposium faux-semblant du soir. Ce n’est ici qu’un simple et
prosaïque exemple
de la schizophrénie médiatisée devenue monnaie
courante.
L’oligarchie se rie de
nos inquiétudes et nos « camarades prospères
» se croient malins, avec leurs
signes extérieurs de confort et leurs quelques longueurs
d’avances bancaires.
Blindé par les sbires d’un service d’ordre de mieux en mieux
récompensé, le
pouvoir occidental se saignera encore de quelques compassions face aux
foules
d’évacués des contrées rendues exsangues et qui
viendront naïvement frapper à
la porte de notre Titanic. Pour toute réponse à leur
désespoir (« Je préfère
mourir en Europe que de vivre en Afrique », nous n’aurons d’autre
alternative
que de les refouler, avec quelques envolées diplomatiquement
correctes. Ce
seront bientôt les dernières, l’Occident re-sortira alors
ses armes contre
l’accostage clandestin des pirogues, mais cette fois, ce ne sera pas
pour
coloniser et christianiser.
Ce qui est pris n’est
plus à prendre. Le mal est fait et tout pronostic d’avenir ne
vise qu’à gérer
les préjudices.
La langue de bois et
l'omerta ne sont même plus de mises si l'on veut gagner du temps,
quelques
siècles au plus. Navrés, nous n'avons plus le luxe de
ménager les
susceptibilités.
Le mal est fait, sombre
est l’avenir.
Michel TARRIER
Ci-dessous, choix de quelques mails
envoyés en réaction au texte de Michel Tarrier sur le
site suivant:
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1402_certitude_vie_invivable.php#com
Les titres sont de la rédaction
(Webmaster)
L'évolution de
la conscience correspond
à un temps psychologique et non physique
Patrice ALBERT à Marseille -
04/11/2007,
11:24
M. Tarrier,
après n'avoir
vu que des mesurettes dans le Grenelle, nous garantit l'apocalypse
assurée,
comme d'autres vous garantissent les pièces et la main d'oeuvre
...
Le pire est donc assuré .
Ouf ! On a eu peur, avec tous ces faux-culs qui se mettent à
parler écologie et
développement durable ... dans la foulée du Grenelle .
C'est sur, dixit
Tarrier, "on ne changera pas notre moral de gouvernance, le mal est
fait" . Il a raison sur une chose essentielle dans ce discours : Tout
ce
joue pour le principal dans l'esprit. Quand l'esprit est prêt,
tout est prêt.
Mais précisément, c'est sur ce terrain que les choses
bougent, contrairement à
ce qu'affirme Tarrier ; L'évolution de conscience, la prise de
conscience sont
des phénomènes qui ne font pas vraiment partie de son
paradigme, et qui sont
portant bien réels. La difficulté pour les
appréhender, s'est qu'ils
correspondent à un temps psychologique et non physique.
Qui dans le milieu des
années 80, aurait pronostiqué quelques années plus
tard l'écroulement du mur de
Berlin et la fin du système communiste ? Pas grand monde ...
A son insu, l'auteur
nous
donne des raisons d'espérer ; mais la
partie est loin d'etre gagnée, ne nous endormons surtout pas .
C'est vrai sur le long
terme, on sera tous morts. La vie est une maladie mortelle sexuellement
transmissible ... Vous êtes prévenus.
De la rhétorique de la révolution verte à la
révolution des consciences, prélude
à la révolution écologique
Michel Aymerich, Maroc
- 04/11/2007, 14:30
Je considère le
commentaire critique de Patrice Albert comme l'un des plus originaux et
les
plus intéressants (des commentaires), celui qui PERMET le mieux
d’être en
condition psychologique d’œuvrer à CHANGER radicalement les
choses. [Note: Je fais référence uniquement à son
idée du temps psychologique... ]
Autrement,
à quoi bon écrire, analyser, alarmer si TOUT est trop
tard? Ce n'est pas
logique. N'alarment que ceux qui veulent avertir d'un danger, pas ceux
qui
disent : "Il a le cancer, il a un cancer mortel, il est en train de
mourir, c'est un mort vivant..."
Si l'on dit "tout est
trop
tard", on finit par blaser et ENCOURAGER le je-m'en-foutisme encore
trop répandu,
bien qu'en déclin.
Ce qu'il faut, c'est
alarmer, détruire les illusions qui
retardent la prise de conscience, COMME le fait Michel Tarrier, TOUT EN
montrant, au moins grossièrement, les pistes de sortie, ce
à quoi nous invite
implicitement le commentaire de M Albert.
Il faut indiquer
à chacun quelle
peut être SA contribution, montrer comment il peut aider d'autres
à changer
leurs plus que mauvaises habitudes. Et sur ce point montrer que la
solution est
authentiquement radicale et globale (bien au-delà de ce qui est
habituellement
préconisé), mais que passant par une prise de conscience,
tout pas en avant est
bon à prendre, à condition de ne pas être pris
comme une solution définitive et
(auto)satisfaisante, mais bel et bien comme un pas, un seul petit pas,
auxquels
doivent succéder de nombreux autres pas, de grands pas qui
DOIVENT MUTER
RAPIDEMENT, très rapidement, le plus rapidement possible en une
course effrénée
vers la résolution de la crise.
Sinon, qu'est-ce que ce
vocabulaire sur la
nécessaire "révolution écologique"? Qu'est-ce en
général qu'une
révolution?
Lorsqu'on accepte
l'idée d'une révolution, c'est :
1) qu'on
accepte la nécessité d'une rupture qualitative avec ce
qui précède.
2) qu'on
a ENCORE suffisamment d'optimisme, fut-il nourri de l'énergie
d'un grand
désespoir, pour VOULOIR agir.
Je rappelle que Daniel
Quinn dit quelque chose
de semblable à M Albert lorsqu'il parle de la possibilité
d'un changement
accéléré des consciences aux différents
niveaux sociaux de la société. On peut
se disputer sur la question du sujet de l'histoire, mais il semblerait
qu'en
matière d'écologie la conscience se développe chez
des individus de toutes les
classes et couches sociales et non pas d'abord au sein d'une seule et
unique
classe.
Voir l’interview avec Daniel Quinn :
En ce sens, il
semblerait qu'on ait
devant nous une situation DIFFERENTE de celle du Titanic. Dans
celui-ci les
riches pouvaient en partie se sauver dans des barques, abandonnant les
plus
pauvres à leur triste sort, conformément à la
division de la société en classes.
Dans le cas de la crise écologique (réchauffement
climatique et
accélération de la disparition massive des
espèces...), il n'y a pas de barques
menant vers un quelconque continent. La situation est tout autre,
toutes les espèces sont menacées , dont la notre, et cela
commence
à être
compris. Il faut aider à accélérer le processus de
prise de
conscience et... agir. Vite!
Il
faut lire le livre de Michel Tarrier, "2050,
Sauve qui peut la
terre". C’est un
constat sans illusions de l’état dans lequel nous,
c’est-à-dire nous les hommes
des sociétés de "Ceux-qui-prennent"[1], avons mené
la
planète. Un état au bord
du gouffre ! Mais dans ce livre, il y a quelques solutions
proposées. Il faut
commencer à se disputer sur le diagnostic des causes et surtout
sur les
solutions nécessaires.
[1] Il faut toutefois
souligner que bien que tous nourris aux mêmes sources
religieuses, protoreligieuses ou postreligeuses - lesquelles ont pour
dénominateur commun l'anthropocentrisme
- les femmes et les hommes de ces sociétés ne
portent pas une responsabilité identique. Il y a les victimes
immédiates et celles et ceux qui en profitent. Pour combien de
temps encore?
Nous sommes déjà trop nombreux et ce sera bien
de survie dont il s'agira.
Jean-François. Meaux -
04/11/2007, 17:09
Mais Aymerich, à
quoi bon
?
Le dernier rapport de
L'ONU (GEO4) indique, entre autre, que l'empreinte
humaine est aujourd'hui, pour 6 milliards de terriens, de 21.9 hectares
par
personne alors que notre terre n'en offre que 15.7 !!!
Alors imagine, avec 9
milliards d'âmes et les températures qui se profilent
à l'horizon , ce n'est
pas notre mode de vie qu'il faudrait revoir mais notre défense
nationale car
sous peu une très grande famine sonnera à notre porte.
Selon moi la prise de
conscience n'est plus celle que tu décris, c'est trop tard.
Si une prise de
conscience doit aboutir elle n'est plus internationale mais nationale
ou
continentale.
La survie sera
localisée, elle résidera dans la capacité du
groupe à s'établir dans une région encore viable,
ou ce dernier vivra en totale
autonomie sans nécessité d'apport extérieur, le
temps de laisser la nature
reprendre son cours et au monde de retrouver un équilibre.
Bon ce sera long et
pénible, surtout avec quelques degrés en plus et des
millions de réfugiés
climatiques.
C'est bien plus triste
à imaginer que ce dont tu parles mais
a-t-on réellement encore le choix ?
Tu sais, quand ils
seront au bord du
gouffre les Etats qui gouvernent le "monde riche", le notre, celui qui
est à l'origine même de cette situation, se serviront de
l'écologie pour en
faire une dictature afin de conserver leur pouvoir et ça ne sera
pas drôle non
plus, mais il vaudra mieux en faire partie.
C''est une vision
très égoïste et
très noire de notre futur proche car elle part du principe que
tout est déjà joué d'avance,
mais je pense que c'est le cas, nous sommes déjà trop
nombreux et ce sera bien
de survie dont il s'agira.
Ce
n'est pas la réduction de notre consommation ou
des différents rejets
néfastes
qu'il faut diminuer, mais bien le nombre
d'habitants au km²
Chris mallemort -
07/11/2007, 12:44
Salut les humains,
Alors alarmiste,
utopique, optimiste,
Qu'est ce que cela
change, on va tous couler avec le même bateau.
Mais
n'ayons crainte, d'ici là, on pourra
acheter plein de beaux produits écolo, pour finir de vider nos
comptes en banque et allourdir un
peu plus le bateau afin qu'il sombre plus
rapidement.
J'aime ma
planète et son éco-systéme, si on lui veut du bien
c'est pas la réduction de notre
consommation ou des différents rejets néfastes
pour elle
qu'il faut diminuer, mais bien le nombre d'habitants au km².
Triste constat que dans
arriver la, mais j'ai beau tourner le problème dans tout les
sens, je vois pas d'autre
alternative. Je lis de ci de là, oui la solidarité va
nous sauver, oui l'amour
de la vie va reprendre le dessus. Je ni crois pas, car se qui rend une
chose
précieuse c'est sa rareté, et si l'humain a perdu ce
sentiment envers la vie
c'est qu'il ne fera plus rien maintenant.
Loin de moi de penser
à
une "SOLUTION" pour résoudre ce problème, mais vu
l'évolution des
choses il est à parier que la Nature va se charger de nous
rappeller les
priorités, sans blabla, sans faux semblant, comme
j'aime quoi!
Ma seule crainte, c'est
qu'une fois de plus les peuples les plus respectueux de la vie risquent
de
trinquer les premiers.....
Désolé
pour les fautes
d'ortho, pas le temps de relire, j'vais profiter de la caresse du temps
avant qu'elle
se transforme en grosse baf dans nos gueules de con d'humain.......
Il faut briser la dictature du TABOU concernant notre
droit usurpé à procréer
sans fin et de manière purement
criminelle...
Michel Aymerich,
Maroc - 09/11/2007, 14:44
''L'homme est un animal
qui a trahi, et l'histoire est sa sanction" (Cioran)
L'alternative devrait
consister à encourager systématiquement et
universellement le respect
multiforme pour la vie dite animale avec toutes les conséquences
en matière
d'économie, d'organisation sociale (dont celle de la
famille!!!),
d'architecture, d'éthique, etc.
Concernant la famille,
cela devrait signifier encourager systématiquement les couples
à n'avoir qu'un
seul enfant (et sur ce point au moins la Chine nous montre un exemple),
voir
dans bien des cas aucun!
Le BUT étant de
NOUS
autolimiter en réduisant drastiquement notre pression devenue
intolérable sur
la planète (la planète étant toutes les
espèces DONT LA NÔTRE). Nous devons nous
fixer d'atteindre d'ici disons une centaine d'années le chiffre
total de moins
d'un milliard d'habitants, puis de parvenir à l'objectif de
moins encore. Je le
sais cette mesure surréaliste à elle seule ne serait
même pas suffisante, mais
il s'agit de poser le principe et de le populariser en brisant la
dictature du
TABOU concernant notre droit usurpé à procréer
sans fin et de manière purement
criminelle...
Schéma représentant la
progression puis l'explosion démographique de l'humanité.
Déjà une progression continuelle est en soi le signe d'une rupture avec
l'équilibre existant. Peut-être, notre espèce va
t'elle devoir disparaître alors même que déjà
beaucoup d'entre-nous ont très chèrement payé (oppressions, guerres, génocides,
etc ) et avec nous quantités d'autres espèces la trahison
de notre animalité...
Il s'agit de secouer
les
cerveaux englués par une habitude d'absence de pensée et
de réflexion qui font
des humains des "cultures" concernées les représentant de
la
sous-espèce humanoïde la plus crétine qui soit!
Vous êtes-vous
posé la
question? Combien étions-nous il y a 100 ans, 500 ans, 1000 ans,
2000 ans, etc.
?
Eh bien, il y a 2000
ans,
nous étions devenus entre 170 et 400 millions d’habitants (ce
qui n’est pas
rien et doit êtes comparé aux quelques 5 à 10
millions que nous étions 10.000
ans plus tôt !). Il y a 1000 ans, nous étions entre 254 et
345 millions, il y a
500 ans entre 425 et 540 millions, il y a 100 ans, nous étions
déjà 1,750
milliard, actuellement nous dépassons les 6, 700 milliards et
allons vers 2050
dépasser les 9 milliards !!! N’est-ce pas absurde et CRIMINEL ?
Vous êtes vous
posé la question suivante: pourrait-il y avoir sur la terre 200
millions de
gorilles ou 200 millions de chimpanzés ou 200 millions de lions
ou 200 millions
de loups?
En un très court
laps de
temps biologique, nous avons (cela s’est encore aggravé depuis
un siècle)
marginalisé ou éliminé physiquement
quantités d'espèces, ainsi que quantités de
cultures de chasseurs-cueilleurs - et nous continuons ! - au point de
parvenir
aujourd'hui à un état invivable pour une grande partie de
l'humanité et bientôt
pour la totalité.
Nous avons à ce
point
usurpé notre prééminence, basée bien plus
sur la force brutale que sur
l'intelligence, que celle-ci se retourne contre nous-mêmes.
Après
l'esclavage massif
des Noirs d'Afrique, l'extermination des Indiens, le génocide
des Tasmaniens,
le génocide des Arméniens, Auschwitz aurait dû nous
démontrer définitivement
que nous avions fait fausse route et que l'indécent prix
payé ne pouvait en
aucun cas justifier la poursuite en avant du cours criminel de notre
histoire.
Mais nous n'avons rien
appris pour l'essentiel et continuons à dévaster et
dévaster, nous bernant
d'illusions naïves sur les recettes techniques et fuyant
lâchement les
conclusions à tirer de ce bilan globalement (très)
négatif.
On entend parfois
l’affirmation absurde selon laquelle nous serions des
prédateurs, des êtres situés
au sommet de l’échelle biologique. Non ! Nous sommes devenus
(nous les hommes
et les femmes des cultures issues de l’agriculture totalitaire, pas les
peuples
vivant au sein de la Nature) de nuisibles "terminators"
(exterminateurs). Nous ne sommes plus depuis longtemps des
prédateurs
(garants de la santé des écosystèmes comme le
sont, par exemple, les lions). Ce dont
nous avons besoin, c’est d’une révolution intellectuelle qui
précèdera et
accompagnera la révolution écologique mondiale laquelle
se devra d’inverser ce
cours destructeur et suicidaire.
"L'idée d'un progrès
de l'espèce humaine à travers l'histoire est
inséparable de celle d'un
mouvement dans un temps homogène et vide. La critique de cette
dernière idée
doit servir de fondement à la critique de l'idée de
progrès en général."
(Walter Benjamin, Sur le concept
d'histoire)
|
Plus de réactions à l'article
de Michel TARRIER sur le site suivant :
|
Surpopulation : la vraie vérité qui dérange.
EDITIONS DU TEMPS
« L’autre jour, dans un supermarché, un vieil homme bougon
invectivait une jeune femme effrayée par ses propos : « Vous n’avez pas honte, Madame ? Avec des
gens comme vous, nous serions déjà 25 milliards sur cette
pauvre Terre ! ». Elle poussait un cadi chargé de
victuailles, elle tirait un landau dans lequel braillaient des jumeaux,
un garçonnet de 3 ou 4 ans s’accrochait à ses jupes et…
elle était enceinte.
(…)
Nous feignons d’ignorer la finitude d’un Monde dans laquelle notre
multitude puise allègrement et sans relâche. Nous n’avons
nul besoin d’une descendance qui ne recevra en héritage que des
lambeaux et des restes.
(…)
Il n’y a qu’une raison légitime de ne pas avoir d’enfant, c’est
de ne pas surpeupler davantage la seule planète dont nous
disposions. Si on aime les enfants, il ne faut pas en faire. »
Faire des enfants tue, tue la planète.
Homo sapiens
est la pire espèce invasive.
Notre monde est passé de 250 millions à quasiment 6,7
milliards d’habitants depuis l’an 1 de l’ère chrétienne.
En augmentant de 4 milliards, la population planétaire a
triplé depuis 1950.
Stop, ou encore ?
Nous avons toutes les preuves que la planète ne pourra pas
nourrir 9 milliards de terriens en 2050 ou 17 milliards en 2100. Nous
feignons d’ignorer la finitude d’un monde dans laquelle notre multitude
puise allègrement et sans relâche.
Il faut quelque chose de plus qu’un couple pour faire un enfant, il
faut au moins une planète viable. Posséder une famille
nombreuse n’est-il pas un délit environnemental, une grave
atteinte à la planète et à l’avenir commun ?
Pour un ami de la Terre, toute abstinence à la
procréation humaine, toute pénurie des naissances sont
reçues comme de bonnes nouvelles.
Sans peur ni reproche du métissage, le renouvellement des
générations des pays développés devra se
faire par les immigrants.
Contrairement à toute logique, la décroissance
démographique reste un problème épineux, un
énorme tabou qui n’ose pas dire son nom, un scandale qui
provoque tous les courroux ! Suggérer de modérer la
démographie d’un monde en proie à la surpopulation semble
relever de l’outrage, de l’infamie, tant le thème appartient
à la langue de bois.
Si vous estimez que nous n’avons aucune responsabilité ni
vis-à-vis des 11 millions d’enfants qui meurent chaque
année avant d’atteindre leur cinquième anniversaire, ni
à l’endroit des espèces végétales et
animales qui disparaissent à la vitesse grand V, que notre
reproduction n’est pas excessive ou en tout cas acquittée de
telles accusations, alors oui, faites encore et encore des enfants.
Mais faites vite !
Quelques générations vouées à seulement un
enfant par femme, voire assurer un soutien financier aux couples qui
n’enfanteraient pas, serait cependant le programme d’une politique
courageuse et écoconsciente.
La survie de l’humanité dépend du possible, et non de
l’impossible.
L’impossible, c’est une meilleure gestion et répartition des
ressources. On a tout essayé depuis des lustres et même la
morale égalitaire professée par les grands livres n’a pas
donné les résultats escomptés.
Le possible pour cultiver les futurs, c’est d’encourager une
mondialisation de la dénatalité.
Faire des enfants
tue, tue la Planète.
Vivre moins nombreux pour que tout le monde puisse tout simplement
vivre. Tout pacte écologique devrait sous-tendre l’idée
d’un pacte antinataliste.
|
Les auteurs
Michel Tarrier
est un écologue connu pour sa radicalité et qui ne fait
pas de cadeau aux congénères de son espèce.
Naturaliste dès sa plus jeune enfance, ce n’est qu’après
une carrière d’écologue prospectif et descriptif qu’il
devint écologiste prescriptif et activiste, puis essayiste
spécialisé en philosophie environnementale, doté
d’un style particulièrement lâché contre une
société qu’il estime mettre la destruction avant la
conservation, les profits avant les vies…
Son avant-dernier livre chez le même éditeur 2050, Sauve qui peut la Terre !,
abordait sans complaisance la déconstruction de la
biosphère, induisant à l’échelon planétaire
une inéluctable faillite environnementale, très
prochainement responsable d’une vie invivable. On a fait plus de
dégâts en un demi siècle que depuis que l’homme
existe sur la Terre.
Cet immense pataquès biologique, notamment fomenté par
l’anthropocentrisme, a pour corollaire la surpopulation. En nous
proposant maintenant Faire des
enfants tue…, un éloge de la dénatalité,
Michel Tarrier est conscient d’aller à contre-courant de la
pensée unique nataliste, met l’heureux évènement
en débat et nous explique pourquoi la bombe démographique
est pour la biosphère la pire arme de dissuasion massive.
Comme personne n’est parfait, Michel Tarrier est le père de deux
filles…
L’une d’elle, Daisy Tarrier,
professionnellement impliquée dans des actions de protection de
l’environnement, co-signe cet ouvrage.
|