Cerastes vipera photographié par Michel Aymerich
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Paysage bas Draa

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Environnement : agir vite

par Hubert Reeves

    Nous émergeons péniblement d'une longue canicule accompagnée de  multiples conséquences désastreuses : feux de forêts multipliés, pics d'ozone  couvrant de larges régions de l'Europe, milliers de personnes âgées décédés à cause de la chaleur, poissons morts en quantités dans les cours d'eau à température trop élevée.

    Nous risquons maintenant d'oublier que de tels phénomènes, vraisemblablement liés au réchauffement planétaire provoqué par l'industrie humaine, vont très probablement se reproduire de plus en plus souvent, et avec des intensités plus grandes encore dans les années prochaines. C'est du moins ce que prédisent les études scientifiques les plus sérieuses.
 
    Clairement, notre choix de développement n'est pas durable et, même si
cette expression est devenue un leitmotiv, les politiques actuelles ne sont
pas suffisamment infléchies pour mériter cette qualification.
    Agir dès maintenant : c'est l'urgence. Inutile de nous bercer
d'illusions.

    Si rien n'est fait, nous fonçons dans le mur.
Il nous faut prendre un virage et il ne peut être pris en douceur.
C'est un virage serré à négocier avec la société tout entière impliquée comme
elle sait l'être lors d'une entrée en guerre.
 
    Les conditions de vie de la planète sont dorénavant des conditions de
survie. L'exercice va consister à persuader les citoyens que rien ne
peut plus être comme avant, que la mobilisation est générale mais que le jeu
en vaut la chandelle : il s'agit ni plus ni moins que de notre avenir sur
Terre.
 
    Les solutions sont à rechercher dans un réformisme démocratique.
L'information sur les enjeux, la vulgarisation des résultats des
recherches, la transparence des politiques, jusqu'aux rencontres internationales
pour des décisions communes afin que les Etats avancent ensemble, voilà la
forme de mondialisation qu'il nous faut appeler de nos vœux.
    Ajoutons aussi que des gestes concrets et quotidiens sont déjà à notre
portée pour montrer aux leaders politiques que nous sommes prêts à
prendre une part des efforts.

    Des exemples ? Au premier rang des actions possibles, la réduction des
climatisations et de la vitesse des voitures. Le transport routier est
une des causes majeures du réchauffement de l'atmosphère et de la pollution
généralisée par l'ozone. La consommation accrue d'essence des voitures
rapides augmente l'émission de nombreux gaz responsables du
réchauffement de l'atmosphère et de la formation de l'ozone. Et bien sûr, en
faut insister sur le choix à l'achat d'une voiture à faible consommation
amont, il d'essence.

(ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU MONDE DU 31.08.2003)


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