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Carte postale
allemande
9. Cahier d'un retour au pays natal
(extrait)
Par Aimé Césaire
ô lumière amicale
ô
fraîche source de la lumière
ceux qui n'ont
inventé
ni la poudre ni la boussole
ceux qui n'ont jamais su
dompter la vapeur ni l'électricité
ceux qui n'ont
exploré ni
les mers ni le ciel
mais ceux sans qui la
terre ne serait pas la terre
[...]
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Réflexions sur un poème prémonitoire
Par Michel Aymerich
Ce poème, extrait de Cahier d'un
retour
au pays natal, a été écrit en 1939,
alors même qu'il ne faisait pas bon
d'être Noir ("nègre"), que les
Noirs de tous les pays étaient largement
considérés comme intellectuellement
inférieurs, situés quelque part entre "l'homme moderne"
(Blanc, il s'entend) et ses ancêtres "archaïques"
(Anthropoïdes, Australopithèques,
Néandertaliens...).
Il se veut une
défense non seulement
des Noirs d'Afrique bâtisseurs d'empires (il
rappelle l'existence des amazones du roi du
Dahomey, des princes de Ghana avec huit cents
chameaux, des docteurs à
Tomboucthou, d'Askia le Grand, des architectes
de Djenné, des
Madhis et guerriers
), mais aussi, chose rare alors, des
peuples
de
chasseurs-cueilleurs.
[...] Lire
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8. La vraie bonté de l'homme ne
peut se manifester en toute
pureté et en toute
liberté qu'à l'égard de ceux qui ne
représentent aucune force.
(Extrait
de "L'insoutenable
légèreté de l'être")
Par Milan Kundera
"Tout
au début de la Genèse,
il est écrit que Dieu a créé l'homme pour qu'il
règne sur les oiseaux, les
poissons et le bétail. Bien entendu, la Genèse a
été composée par un
homme et pas par un cheval. Il n'est
pas du tout certain que Dieu ait vraiment voulu que l'homme
règne sur les
autres créatures. Il est plus probable que l'homme a
inventé Dieu pour
sanctifier le pouvoir qu'il a usurpé sur la vache et le cheval.
Oui, le droit
de tuer un cerf ou une vache, c'est la seule chose sur laquelle
l'humanité toute
entière soit unanimement d'accord, même pendant les
guerres les plus
sanglantes.
Ce
droit nous semble aller de soi parce que c'est nous qui nous trouvons
au sommet
de la hiérarchie. Mais il suffirait qu'un tiers s'immisce dans
le jeu, par
exemple un visiteur venu d'une autre planète dont le dieu aurait
dit : "Tu
règneras sur les créatures de toutes les autres
étoiles" et toute
l'évidence de la
Genèse
serait aussitôt remise en question. L'homme attelé
à un char par un Martien,
éventuellement grillé à la broche par un habitant
de la Voie
lactée, se rappellera peut-être
alors la côtelette de
veau, qu'il avait coutume de découper sur son assiette et
présentera (trop
tard) ses excuses à la vache.[...]"
7. "ANIMALITE"
Texte de
Florence Burgeat.
La
réflexion sur l'animalité se distingue radicalement d'une
approche zoologique comme d'une approche ethnologique qui
présenterait les modes de relations aux animaux propres aux
diverses sociétés humaines. C'est vers le discours
philosophique qu'il convient de se tourner pour appréhender ce
concept supposé dire l'essence de l'animal. Dans la tradition
occidentale, le concept d'animalité remplit, de par sa structure
et son contenu, une fonction importante dans la définition de
l'humain lui-même. En effet, le concept d'animalité ne
vise pas tant à caractériser l'essence des êtres
vivants sensibles autres que l'homme qu'à construire le
contre-modèle de ce dernier, son négatif ontologique.
Aussi l'animalité est-elle définie en creux, par un
ensemble de manques : manque de raison (Descartes), manque de
liberté (Kant), pour ne citer que les principaux aspects de la
démarcation. Par ailleurs, cette construction permet aux
sciences humaines de délimiter leur objet et de l'inscrire dans
les cadres préexistants et distinctifs de la culture, du
langage, du symbolique. L'animalité demeure captive de son
opposition à l'humanité, comme le soulignent Max
Horkheimer et Theodor Adorno : « Dans l'histoire
européenne, l'idée de l'homme s'exprime dans la
manière dont on le distingue de l'animal. Le manque de raison de
l'animal sert à démontrer la dignité de l'homme.
Cette opposition a été prêchée avec tant de
constance et d'unanimité [...] qu'elle fait partie du fond
inaliénable de l'anthropologie occidentale comme peu d'autres
idées. [...] Lire le texte
6.DE LA CHASSE
A
L'AMOUR
Texte de Marjolaine Jolicoeur
"Je vis en milieu
rural dans de magnifiques montagnes
peuplées d'animaux sauvages. C'est un coin tout plein de
beauté et de
tranquilité. Excepté l'automne. Commence alors une saison
infernale,
incompréhensible, révoltante.
Tous
ceux qui osent s'aventurer en forêt pendant
que les chasseurs répondent à l'appel des bois, se font
harceler, animaux et
humains compris. Finies les marches avec les chiens, y'a
peut-être un tireur
fou embusqué, prêt à croire que vous êtes une
famille d'ours. Des agents de la
faune ont payé de leur vie pour la myopie de certains chasseurs.
Pour échapper
au carnage, aux disputes territoriales et aux beuveries sanglantes,
vaut mieux
rester à l'intérieur des maisons pendant que la montagne
rougit. [...]" Lire le texte
5. "La nouvelle renaissance"
Discours
de Daniel Quinn
(mars 2002)
Auteur de “
Ishmaël ” et de “ Professeur cherchant
élève désirant sauver le
monde ” (ed J’ai lu),
(source:
www.ishmael.com)
Traduction de
Geneviève Lebouteux, novembre 2002
Lire le discours
Extraits du roman " Ismaël"
:
"Vous êtes
prisonniers d'un
système de civilisation qui vous pousse plus ou moins à
détruire le monde pour survivre."
"Si vous êtes le
seul à trouver de quel
mensonge il s'agit, alors, c'est sûr, cela ne fait guère
de différence. Mais si vous y parvenez tous ensemble, cela peut
faire réellement une grande différence."
"A l'heure où
vous êtes au bord de l'anéantissement, alors que vous aimeriez vivre un peu
plus longtemps, il serait concevable que les lois régissant la
vie vous soient applicables."
"Nous ne
détruisons pas le monde par simple maladresse. nous détruisons le monde parce
que nous sommes, au sens propre du terme et d'une manière
parfaitement délibérée, en guerre contre lui."
Lire le discours
4.
Ökologie,
Ökosozialismus
und Marxismus
(Zur Kritik der
"Grundlagen des politischen Projekts eines ökologischen
Sozialismus" von Ebermann und Trampert)
Dieter ELKEN
"Der nachfolgende Text wurde Ende 1984, zunächst nur konzipiert
als
Kritik an dem Buch Die "Zukunft der Grünen - Grundlagen des
politischen Projekts eines ökologischen Sozialismus", der beiden
damals führenden ökosozialistischen Politiker der Grünen
geschrieben. Er wurde jetzt um das Kapitel Exkurs zu Wolfgang Harich
erweitert. Damals wurde der Text nur in kleinster Auflage als Kopie zur
Selbstverständigung einer Gruppe von Linken in den Grünen
genutzt. Auf Anregung eines der damaligen Leser wird er hier erneut
veröffentlicht, geringfügig überarbeitet, um auf einige
weitere Quellen zu verweisen, aber ohne jede inhaltliche
Veränderung.
Der Text ist weit mehr als nur eine Buchkritik. Er arbeitet vielmehr
das grundlegende Verhältnis von Marxismus und Ökologie auf
und setzt sich dabei mit vielen wichtigen Fragen auseinander, die die
Ökologiebewegung dem Marxismus gestellt hat. [...]"
Lire l'ouvrage
3.
Déclaration
sur les grands singes anthropoïdes
Texte fondateur
du Great Ape Project
Paola
Cavalieri
Peter Singer
(Traduit
de l'anglais par David Olivier)
Lire la
déclaration
2.
Environnement
: agir vite
par Hubert Reeves
"Nous
émergeons péniblement d'une longue canicule
accompagnée de multiples conséquences
désastreuses : feux de forêts multipliés, pics
d'ozone couvrant de larges régions de l'Europe, milliers
de personnes âgées décédés à
cause de la chaleur, poissons morts en quantités dans les cours
d'eau à température trop élevée.
Nous
risquons maintenant d'oublier que de tels phénomènes,
vraisemblablement liés au réchauffement planétaire
provoqué par l'industrie humaine, vont très probablement
se reproduire de plus en plus souvent, et avec des intensités
plus grandes encore dans les années prochaines. C'est du moins
ce que prédisent les études scientifiques les plus
sérieuses. [...]"
Lire le texte
" Force est de constater
les énormes menaces qui pèsent aujourd'hui sur
l'avenir de la vie sur
notre planète. Au train (d'enfer !) où va le
délabrement de la
Terre depuis quelques décennies - déforestations,
désertification,
stérilisations des terres, réchauffement de la
planète,
épuisement des
ressources naturelles, empoisonnement des nappes
phréatiques, taux
effarant d'extinction des espèces vivantes, paupérisation
accrue d'une large
fraction de l'humanité -, personne ne peut dire si notre
planète
sera encore habitable à la fin de ce siècle et dans
quelles conditions
vivront nos
petits-enfants en 2050.
Tous les clignotants
sont au rouge vif. [...]"
Lire le texte
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